La Fédération internationale de football (Fifa) a accordé une accréditation pour la Coupe du monde 2026 au journaliste français Christophe Gleizes, actuellement détenu en Algérie. Cette décision a été révélée ces derniers jours, alors que le reporter est emprisonné depuis plus d'un an dans ce pays.
Christophe Gleizes avait été arrêté en mai 2024 en Kabylie, dans le nord-est de l'Algérie, alors qu'il effectuait un reportage. Condamné en première instance puis en appel, début décembre, à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », il voit son pourvoi en cassation rejeté par la justice algérienne, comme l'ont annoncé ses avocats début juin.
Une accréditation symbolique
L'attribution de cette accréditation par la Fifa, qui permet théoriquement au journaliste de couvrir le tournoi se déroulant aux États-Unis, au Canada et au Mexique, a suscité des réactions en France. Le journaliste Marc Menant a exprimé son indignation sur une chaîne d'information, déclarant : « Un homme souffre, un homme est absent, un homme est oublié ». Cette phrase souligne le contraste entre la reconnaissance professionnelle de Christophe Gleizes et son maintien en détention.
Un blocage diplomatique
La situation du journaliste français reste préoccupante. Une première visite d'un diplomate français en prison a eu lieu en mai dernier, marquant une avancée dans le suivi consulaire. Toutefois, malgré les efforts des autorités françaises, les recours juridiques de Christophe Gleizes n'ont pas abouti. Le rejet de son pourvoi en cassation par le parquet algérien, annoncé le 3 juin, a constitué un nouveau revers.
Un soutien médiatique
Plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse, dont Reporters sans frontières (RSF), ont multiplié les appels à sa libération. L'accréditation de la Fifa, bien que sans effet concret sur son incarcération, est perçue comme un geste symbolique fort, rappelant que Christophe Gleizes exerçait son métier de journaliste au moment de son arrestation.
En attendant, la Coupe du monde 2026 débutera sans lui, malgré le sésame professionnel que constitue cette accréditation. La famille et les proches du journaliste espèrent toujours une évolution diplomatique ou judiciaire permettant son retour en France.