Un lancement spectaculaire sous tension
La 23e édition de la Coupe du monde de football s'est ouverte jeudi 11 juin au stade Azteca de Mexico, officiellement rebaptisé Mexico City Stadium, avec un match opposant le Mexique, co-organisateur, à l'Afrique du Sud. L'enceinte, qui avait déjà accueilli les matchs d'ouverture des tournois de 1970 et 1986, devient le premier stade à organiser trois fois le coup d'envoi de la compétition, dans le cadre d'une organisation tripartite associant également les États-Unis et le Canada.
Avant le coup d'envoi, une cérémonie d'ouverture fastueuse a réuni des artistes de renommée internationale : la chanteuse colombienne Shakira et le Nigérian Burna Boy ont interprété « Dai Dai », l'hymne officiel du tournoi, tandis que le Colombien J Balvin, le ténor italien Andrea Bocelli, le chanteur sud-coréen EJAE et le groupe mexicain Mana se sont également produits sur la pelouse. Feux d'artifice et jeux de lumière ont illuminé le stade bondé, où les supporters agitaient drapeaux et téléphones pour immortaliser le spectacle.
Un dispositif de sécurité omniprésent
Les forces de l'ordre ont déployé un important dispositif de sécurité aux abords du stade et dans les rues adjacentes. Des barrages filtrants ont été installés pour canaliser les flux de supporters vers les points d'entrée, tandis que des agents en tenue étaient postés aux intersections et autour des zones de rassemblement. La fan zone attenante a également été placée sous haute surveillance.
Le match, comptant pour le groupe A, a vu le Mexique prendre rapidement l'avantage au score, sous les acclamations de la foule. La compétition, qui rassemble 48 équipes pour la première fois, doit se poursuivre jusqu'à la finale prévue le 19 juillet dans le New Jersey. Les organisateurs tablent sur des recettes record dépassant les 13 milliards de dollars.
Des protestations en marge de la fête
À l'extérieur du stade, des manifestations ont émaillé le début de la compétition. Des groupes de contestataires ont bloqué des axes de transport clés et se sont rassemblés à proximité des fan zones pour dénoncer le coût de l'organisation du Mondial, les restrictions de circulation imposées dans les quartiers populaires et les perturbations subies par les riverains vivant à l'ombre de l'enceinte sportive. Des familles de personnes disparues ont également participé à une marche de protestation, mêlant revendications sociales et dénonciation de l'impact de l'événement sur les communautés locales.
Ces actions se sont déroulées sans affrontement direct signalé avec les forces de l'ordre, qui maintenaient un périmètre de sécurité étanche autour du stade. Les autorités avaient anticipé ces contestations, plusieurs syndicats enseignants et collectifs de familles de disparus ayant annoncé leur intention de perturber la cérémonie d'ouverture.
La journée, marquée par le contraste entre la ferveur sportive et les tensions sociales, illustre les défis sécuritaires et politiques auxquels le Mexique est confronté pour ce mois de compétition. Le pays, qui partage l'organisation avec les États-Unis et le Canada, doit conjuguer rayonnement international et apaisement des critiques sur l'utilisation des fonds publics et la gestion des espaces urbains durant le tournoi.