Dispositif de sécurité exceptionnel autour du stade Azteca

Alors que le coup d'envoi de la plus grande Coupe du monde jamais organisée a été donné jeudi après-midi à Mexico, les abords du stade Azteca étaient placés sous haute surveillance. Un large déploiement policier a été mis en place pour contenir des groupes de protestataires qui tentaient de se rassembler avant le match d'ouverture opposant l'équipe nationale mexicaine à l'Afrique du Sud, a-t-on constaté sur place.

Toute circulation automobile a été interdite dans un rayon d'un mile (environ 1,6 kilomètre) autour de l'enceinte. Les spectateurs munis de billets ont dû parcourir à pied la dernière partie du trajet, et chaque entrée était conditionnée à la présentation d'un billet ou d'un accréditatif. Les files d'attente se sont néanmoins écoulées à un rythme jugé relativement rapide pour un événement de cette ampleur.

Affluence matinale et ambiance survoltée

Les consignes données aux participants de se présenter très tôt ont été largement suivies : certains supporters étaient déjà présents dès 6 heures du matin, pour un match programmé à 13 heures, heure locale. Deux heures avant le coup d'envoi, les gradins étaient déjà très remplis, dominés par un public mexicain entonnant des chants traditionnels. Une clameur massive a salué l'apparition de l'équipe nationale sur les écrans géants lors de sa descente du bus, tandis que la sélection sud-africaine a été accueillie par des sifflets à son entrée sur la pelouse.

Un contexte de tensions entre les trois pays hôtes

Cette édition 2026, qui réunit un nombre record de 48 équipes et 104 matches, est coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Le Mexique devient ainsi le premier pays à accueillir trois fois la compétition, et le stade Azteca le premier stade à recevoir trois matches d'ouverture. Cependant, l'ambiance d'unité autour de cet événement nord-américain est entachée par les fractures politiques et économiques entre les partenaires.

Depuis le début de son second mandat l'année dernière, le président américain a multiplié les attaques verbales contre ses voisins, évoquant des actions militaires contre les cartels de la drogue et imposant des droits de douane. Son administration a par ailleurs mis en œuvre une politique migratoire restrictive qui a conduit au refoulement de certains participants, journalistes et supporters de la Coupe du monde.

Nouvelles menaces économiques

À la veille de l'ouverture du tournoi, le président américain a lancé une nouvelle offensive économique en menaçant de laisser expirer l'accord de libre-échange qui lie les trois pays nord-américains. « Nous n'avons besoin de rien de ce que possède le Canada, nous n'avons besoin de rien de ce que possède le Mexique, mais eux ont besoin de tout ce que nous avons », a-t-il déclaré mercredi depuis le Bureau ovale.

Critiques sur le coût du tournoi

Au-delà des tensions diplomatiques, la promesse d'un Mondial inclusif est mise à mal par le coût prohibitif de l'événement. Pour la première fois, la Fédération internationale de football association (FIFA) a eu recours à une tarification dynamique, entraînant une flambée des prix des billets. De nombreux supporters se disent exclus financièrement, alors que l'accessibilité était l'un des arguments initiaux de la candidature nord-américaine.

Match d'ouverture sous pression

Sur le plan sportif, le Mexique part favori face à l'Afrique du Sud pour ce match inaugural. Les 103 rencontres suivantes se dérouleront dans différentes villes du continent, de Vancouver et Toronto à New York et Kansas City, en passant par Monterrey et Guadalajara. La réussite de ce Mondial à trois têtes dépendra autant de la sécurité sur le terrain que de la capacité des hôtes à surmonter leurs désaccords politiques.