Alors que la Coupe du monde de football s'apprête à débuter jeudi à Mexico, l'événement est menacé par des manifestations d'envergure. Plusieurs syndicats et groupes de la société civile, réunissant notamment des enseignants, des juges et des familles de personnes disparues, ont annoncé leur intention de converger vers le stade où doit se tenir la cérémonie d'ouverture. Leur objectif : bloquer les accès au site pour contraindre le gouvernement à engager des négociations sur leurs revendications.

Les demandes portées par les manifestants sont variées. Les enseignants réclament des augmentations de salaire, tandis que les familles de victimes de la violence liée aux cartels exigent un renforcement de l'aide de l'État pour retrouver les personnes disparues ou enlevées. Ces groupes entendent profiter de la couverture médiatique mondiale qu'offre le Mondial pour mettre en lumière les difficultés sociales et sécuritaires que traverse encore le pays.

En réponse à ces menaces, les autorités mexicaines ont mobilisé des centaines d'agents de la police anti-émeute, déployés dans différents points de la capitale. Le dispositif vise à contenir les mouvements de foule et à garantir le bon déroulement des premières rencontres. La venue de quelque 5,5 millions de visiteurs est attendue au Mexique pendant toute la durée de la compétition, ce qui ajoute une pression considérable sur les forces de l'ordre.

Mercredi, la présidente Claudia Sheinbaum a cherché à rassurer lors de sa conférence de presse quotidienne. « Tout est sous contrôle », a-t-elle déclaré, en réponse à une interrogation sur le risque que la cérémonie soit perturbée par des démonstrations. La chef de l'État a tenté d'adopter un ton apaisant, alors que l'inquiétude monte parmi les organisateurs et les supporteurs.

Pour une partie de la population mexicaine, ce Mondial représente une occasion unique de montrer au monde un visage moderne et prospère du pays. À l'inverse, pour les manifestants, il s'agit d'une tribune pour dénoncer les inégalités persistantes et l'insécurité qui frappent de nombreux citoyens. Cette dichotomie illustre les tensions qui traversent la société mexicaine à l'aube d'un événement planétaire.

Les observateurs craignent que les manifestations ne dégénèrent en violences, à un moment particulièrement sensible pour l'image du Mexique à l'international. Le gouvernement mise sur un important déploiement policier pour éviter tout débordement, tandis que les organisateurs de la Coupe du monde espèrent que le dialogue permettra de désamorcer la situation.