Le gouvernement cubain accélère une série de réformes économiques destinées à élargir le rôle du secteur privé et à attirer les investissements, en particulier des Cubains résidant à l'étranger. Présentées comme les plus substantielles depuis plusieurs années, ces mesures bénéficient du soutien explicite de l'ancien président Raúl Castro, figure influente du Parti communiste.

Le président Miguel Díaz-Canel a dévoilé ce train de réformes, qui doivent être examinées et approuvées par l'Assemblée nationale, une semaine seulement après leur annonce. Leur objectif affiché est de ranimer une économie exsangue, frappée par une pénurie généralisée de carburant, d'électricité, de nourriture et de médicaments, ainsi que par un embargo américain renforcé.

Un soutien politique de poids

Le Bureau politique du Parti communiste a tenu une session plénière extraordinaire pour débattre des propositions. Lors de cette réunion, une lettre de Raúl Castro, qui a dirigé l'île de 2006 à 2018 avant de céder le pouvoir à M. Díaz-Canel, a été lue. Dans ce message, l'ancien chef de l'État qualifie les réformes de « les plus bénéfiques pour la révolution en ce moment ». Ce soutien est considéré comme crucial pour garantir l'adoption et la mise en œuvre des mesures.

Les principaux axes des réformes

Les réformes prévoient une ouverture de nouveaux secteurs à l'investissement privé, une réduction du rôle de l'État dans l'économie et une décentralisation partielle de l'administration. Elles visent aussi à attirer davantage de capitaux de la diaspora cubaine, tout en permettant aux expatriés d'investir plus facilement sur l'île. Le Premier ministre Manuel Marrero a toutefois tenu à rassurer sur la portée du changement, affirmant que ces réformes « n'impliquent en aucun cas un renoncement à la responsabilité sociale de l'État ».

Un contexte de crise aiguë

L'économie cubaine est minée par des décennies de mauvaise gestion, mais la situation s'est considérablement dégradée depuis le renforcement de l'embargo américain. Les coupures d'électricité, qui peuvent durer plus de trente heures, et les pénuries de produits de première asont devenus le lot quotidien de la population. Un propriétaire de supérette à La Havane a résumé la situation en déclarant : « J'accueille favorablement tout changement qui aidera à ranimer le patient mourant », faisant allusion à l'état de l'économie. Le gouvernement est en négociation avec l'administration américaine, mais il reste incertain que ces réformes répondent aux exigences de Washington, qui réclame une transformation du modèle économique cubain.