Une réunion pour poser le cadre

Le gouvernement ne prévoit pas de dévoiler de mesures concrètes mardi à l’occasion d’une nouvelle session du comité d’alerte des finances publiques. L’objectif affiché est de présenter un cap, a indiqué lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. Cette réunion doit permettre de faire le point sur la situation économique et budgétaire avant d’éventuelles décisions ultérieures.

Actualisation des prévisions économiques

Parmi les sujets abordés, la croissance et l’inflation seront au cœur des discussions, en particulier les conséquences de la guerre au Moyen-Orient. Le gouvernement entend actualiser ses hypothèses, en tenant compte de l’accord signé en juin entre les États-Unis et l’Iran ainsi que des négociations en cours autour du détroit d’Ormuz, zone stratégique pour le transport pétrolier.

Les dépenses de l’État, de la Sécurité sociale et des collectivités locales seront également examinées. David Amiel a précisé que les aides accordées aux entreprises et aux ménages pour faire face aux répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient se sont élevées à 1,4 milliard d’euros.

Une rupture revendiquée avec le « quoi qu’il en coûte »

Le ministre a souligné que ce montant est cinquante fois inférieur à celui des mesures prises en 2022-2023 après le déclenchement de la guerre en Ukraine et la flambée des prix de l’énergie. À l’époque, l’exécutif avait massivement réduit les taxes sur l’électricité et le gaz, une politique qui avait coûté plusieurs dizaines de milliards d’euros aux finances publiques.

« Heureusement, le gouvernement n’a pas écouté ceux qui nous appelaient à déverser des milliards », a affirmé David Amiel, saluant ce qu’il qualifie de « changement de doctrine » en matière de dépenses publiques. Il a également écarté l’idée d’une « cagnotte » fiscale, notant que les recettes liées aux carburants ont baissé de plus de 80 millions d’euros au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025, la diminution des volumes consommés ayant compensé la hausse des prix.

Des prévisions déjà sous pression

Dans ses dernières projections, le gouvernement tablait encore sur une croissance de 0,9 % pour 2026. Mais la Banque de France a déjà abaissé ses estimations à 0,5 % du PIB, et l’Insee prévoit 0,7 %. Ces chiffres, publiés en juin, n’intègrent pas les dernières évolutions du conflit au Moyen-Orient, ce qui pourrait accentuer les tensions sur les comptes publics.