Le gouvernement entend marquer une rupture avec les politiques de soutien massif déployées lors des crises précédentes, sans pour autant entrer dans le détail des mesures lors de la prochaine séance du comité d’alerte des finances publiques, mardi. Le ministre chargé des Comptes publics, David Amiel, a précisé que l’exécutif ne prévoit pas d’« annoncer de mesures » à cette occasion, mais de tracer « un cap », a-t-il déclaré lundi sur RTL.

Un changement de doctrine revendiqué

David Amiel a salué ce qu’il qualifie de « changement de doctrine » en matière de dépenses publiques. Pour illustrer cette inflexion, il a comparé le coût des aides déployées face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient – 1,4 milliard d’euros – avec celui des mesures adoptées en 2022-2023 après l’invasion de l’Ukraine, qui s’élevait à plusieurs dizaines de milliards d’euros. « C’est 50 fois moins », a-t-il souligné, estimant que l’exécutif a eu raison de ne pas céder aux appels à « déverser des milliards et des milliards d’euros ».

Le ministre a également mis en avant l’absence de « cagnotte » fiscale : les recettes issues des taxes sur les carburants ont reculé de plus de 80 millions d’euros sur les six premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025, la baisse des volumes consommés ayant compensé la hausse des prix.

Des prévisions économiques à réviser

Lors de la réunion de mardi, le gouvernement entend actualiser ses prévisions macroéconomiques. Il prendra en compte, selon David Amiel, les effets de l’accord signé entre les États-Unis et l’Iran en juin ainsi que les négociations en cours autour du détroit d’Ormuz. Les dernières projections officielles tablaient sur une croissance de 0,9 % pour 2026, mais la Banque de France a depuis ramené son estimation à 0,5 % du PIB, tandis que l’Insee prévoit 0,7 %. Ces chiffres, publiés en juin, n’intégraient pas les évolutions récentes du conflit au Proche-Orient.

Un examen des postes de dépenses

La réunion du comité d’alerte des finances publiques permettra également de faire le point sur les dépenses de l’État, de la Sécurité sociale et des collectivités locales. David Amiel a indiqué que les discussions porteront aussi sur l’état de la croissance et de l’inflation, deux variables clés pour calibrer la trajectoire budgétaire à venir.

Un cap, pas des coups

En choisissant de ne pas dévoiler de mesures concrètes mardi, l’exécutif semble vouloir ménager ses marges de manœuvre avant la présentation du prochain projet de loi de finances, attendu à l’automne. La stratégie consiste à poser un cadre – celui de la rigueur et de l’efficacité – sans s’engager prématurément sur des arbitrages qui pourraient susciter des tensions, tant au sein de la majorité qu’avec les partenaires sociaux et les collectivités.

David Amiel a ainsi insisté sur la nécessité de ne pas répéter les erreurs du passé. « Heureusement, le gouvernement n’a pas écouté ceux qui nous appelaient à déverser des milliards », a-t-il répété, justifiant une approche qu’il veut plus prudente et davantage calibrée aux capacités réelles de l’économie française.