Un pétrolier transportant du gaz naturel liquéfié a été la cible d'un projectile dans la nuit de lundi à mardi alors qu'il naviguait dans le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transitent une part importante des hydrocarbures mondiaux. L'incident, qui a déclenché un incendie à bord, a été signalé par le centre britannique des opérations maritimes (UKMTO).
Selon les informations fournies par l'UKMTO, le navire a été touché sur son flanc bâbord alors qu'il se dirigeait vers le sud, en direction du golfe d'Oman. L'attaque s'est produite à l'est de Limah, une localité située sur la côte omanaise. Aucune perte humaine ni pollution environnementale n'ont été signalées dans l'immédiat, mais les deux navires auraient subi des dommages significatifs, selon des sources officielles américaines citées par des médias.
La télévision d'État iranienne a affirmé que le pétrolier avait été pris pour cible après avoir ignoré des avertissements, sans toutefois revendiquer directement la responsabilité de l'attaque. Téhéran a prévenu à plusieurs reprises que seule la route maritime longeant ses côtes, qu'elle a désignée comme un couloir autorisé, est sûre pour la navigation. Les autorités iraniennes sont suspectées d'avoir déjà ciblé des navires empruntant un itinéraire plus proche des eaux territoriales omanaises.
Des négociations de paix fragilisées
Cet incident maritime intervient alors que les pourparlers entre l'Iran et les États-Unis en vue d'un accord définitif mettant fin à la guerre qui les oppose depuis fin février semblent marquer une pause. Les discussions, qui portent notamment sur la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, sont suspendues jusqu'à l'inhumation de l'ancien guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué au début du conflit.
Dans le cadre des négociations, Washington a tenté de ramener Téhéran à la situation d'avant-guerre, où les navires pouvaient traverser le détroit sans entrave. L'Iran a rejeté cette demande et menace de prendre des mesures contre les bâtiments qui utilisent des routes situées en dehors du corridor qu'il contrôle. Les autorités iraniennes ont également évoqué la mise en place d'un système de péage pour le passage des navires, une proposition à laquelle les États-Unis s'opposent fermement.
Un axe énergétique vital
Le détroit d'Ormuz est l'un des points de passage maritimes les plus importants au monde. Avant le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel consommé dans le monde transitait par cette voie d'eau. La sécurité de cette route est donc cruciale pour la stabilité des marchés énergétiques mondiaux.
L'attaque de ce pétrolier, qui survient alors que les funérailles de l'ayatollah Khamenei se déroulent à Qom, une ville sainte du chiisme, souligne la fragilité de la situation dans la région. Les observateurs redoutent que de tels incidents ne compromettent davantage les efforts de paix et n'entraînent une nouvelle escalade des tensions dans le golfe Persique.