L'épidémie de cyclosporose qui frappe le Midwest des États-Unis connaît une escalade rapide. Au Michigan, le nombre de cas confirmés a atteint 1 251 au 9 juillet, contre seulement 572 une semaine plus tôt, selon les données du département de la Santé et des Services sociaux du Michigan (MDHHS). Quarante-quatre personnes ont été hospitalisées.
Un bond jamais vu dans la région
Les premiers cas sont apparus le 22 juin. Le Michigan enregistrait 572 cas le 4 juillet, puis 239 nouvelles infections en une seule journée le 8 juillet — le plus fort pic quotidien depuis le début de la flambée. Le 9 juillet, 159 cas supplémentaires ont été signalés. À titre de comparaison, les bilans annuels de l'État tournaient habituellement autour d'une cinquantaine de cas ; le seul mois de juillet 2026 en totalise déjà 25 fois plus.
L'épicentre de l'épidémie se trouve dans le sud-est du Michigan, où plusieurs équipes sanitaires locales mènent des enquêtes intensives pour identifier l'origine de la contamination. De l'autre côté de la frontière, dans le nord-ouest de l'Ohio, plus de 500 cas ont été recensés. Le comté de Lucas, qui abrite Toledo, comptait à lui seul 306 infections au 8 juillet.
Un parasite résistant
L'agent pathogène en cause est Cyclospora cayetanensis, un protozoaire unicellulaire microscopique excrété dans les selles. Aux États-Unis, la contamination se produit généralement par l'ingestion de produits frais souillés, mais l'eau contaminée peut aussi être un vecteur. Chaque année, le pays enregistre entre 2 000 et 5 000 cas, avec un pic en juin et juillet.
Les symptômes apparaissent environ une semaine après l'exposition (parfois dès deux jours ou jusqu'à deux semaines). Ils se caractérisent par « des diarrhées aqueuses avec des selles fréquentes et parfois explosives », selon les descriptions cliniques, accompagnées de nausées, fatigue, crampes abdominales et ballonnements. En l'absence de traitement, la diarrhée peut durer plusieurs semaines.
Transmission par l'alimentation
Les spécialistes estiment que la transmission interhumaine directe est peu probable. Le parasite a besoin d'un à deux semaines dans l'environnement après avoir été excrété pour devenir infectieux. La piste d'aliments contaminés est privilégiée. Les enquêteurs n'ont pas encore déterminé la source précise.
Une année potentiellement record
Il est encore trop tôt pour savoir si le nombre total de cas à l'échelle nationale dépassera les records des années précédentes. Mais l'ampleur de l'épidémie dans le Michigan est sans précédent pour cet État. Les autorités sanitaires locales et fédérales continuent d'analyser les échantillons et d'interroger les personnes malades afin de remonter la chaîne de contamination.