Un jeune Mosellan de 19 ans, Noahm, est décédé mardi 2 juin à Metz des suites de ses blessures, après avoir été frappé à la tête samedi 30 mai. L'agression, qui s'est déroulée en pleine voie publique, a plongé la victime dans un état de mort cérébrale avant d'entraîner son décès.
Les faits se sont produits samedi en fin de journée. Selon les témoignages des proches qui se trouvaient sur place, Noahm a été pris à partie par deux hommes. Ces derniers l'auraient frappé violemment au niveau du crâne, lui infligeant des blessures fatales. Ses amis rapportent que les agresseurs auraient proféré des insultes homophobes avant et pendant les coups, les traitant notamment de « pédé » et de « pédale ». Pour l'entourage de la victime, le mobile de l'attaque est clairement lié à l'orientation sexuelle du jeune homme.
Deux suspects mis en examen
Lundi 1er juin au soir, deux hommes ont été placés en garde à vue puis déférés devant un juge d'instruction. Ils ont été mis en examen pour « violences volontaires et tentative d'homicide volontaire aggravé ». Le parquet a précisé que la qualification d'acte homophobe n'a pas été retenue à ce stade de l'enquête, mais n'exclut pas qu'elle puisse être ajoutée ultérieurement en fonction des éléments recueillis. Les deux suspects ont été placés en détention provisoire.
Le parquet n'a pas communiqué sur le profil des mis en cause ni sur leurs liens éventuels avec la victime. Il n'a pas non plus confirmé le recours à des expertises psychologiques ou psychiatriques. L'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes des faits et le rôle de chacun dans le passage à tabac.
Une communauté choquée
Le décès de Noahm a provoqué une vive émotion à Metz et au-delà. Des proches et des anonymes ont déposé des fleurs et des messages sur les lieux de l'agression. Plusieurs associations de défense des droits LGBTQ+ ont appelé à ce que l'enquête explore pleinement la piste homophobe, soulignant que la violence verbale préalable constitue un élément central.
L'entourage de la victime a dénoncé avec force ce qu'il considère comme un crime de haine. « Ils ont déversé toute leur haine en traitant Noahm de 'pédé' et de 'pédale' », confie un ami, qui a assisté à la scène et affirme avoir clairement entendu les insultes avant que les coups ne pleuvent. Ces témoignages directs devraient être versés au dossier.
La question de la qualification homophobe
La différence entre la qualification retenue par le parquet et celle revendiquée par les proches soulève des interrogations sur la prise en compte de la dimension discriminatoire dans les violences. En France, les circonstances aggravantes liées à l'orientation sexuelle réelle ou supposée de la victime peuvent alourdir les peines encourues par les auteurs. Si elle était retenue, elle conduirait à un procès devant une cour d'assises pour assassinat ou meurtre aggravé, et non plus seulement pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
La justice devra déterminer si les insultes homophobes ont été effectivement prononcées et si elles étaient liées au passage à l'acte violent. Les enquêteurs s'appuient sur les auditions des témoins, les constatations de la police scientifique et les analyses médicales pour établir la chronologie exacte des faits. Le parquet a indiqué que l'instruction n'en est qu'à ses débuts et que de nouveaux éléments pourraient modifier la qualification.