Le déficit commercial de la France s’est nettement réduit au mois d’avril pour s’établir à 5,6 milliards d’euros, selon les chiffres publiés par les autorités douanières. Ce repli par rapport aux mois précédents résulte principalement d’un rebond des exportations, notamment dans le secteur aéronautique, et d’un recul marqué des importations de pétrole en provenance du Moyen-Orient, qui ont atteint leur niveau le plus bas depuis 2020.
Un rebond porté par l’aéronautique
Les livraisons d’avions et de pièces détachées, secteur clef de l’industrie française, ont connu une progression significative au cours du mois. Après un début d’année atone, les cadences de production d’Airbus et de ses sous-traitants ont permis d’accélérer les expéditions vers les compagnies aériennes, contribuant fortement à la réduction du déficit. Ce rééquilibrage intervient alors que la demande mondiale de transport aérien continue de se redresser.
Le pétrole du Moyen-Orient au plus bas
Parallèlement, les importations de brut depuis les pays du Golfe et du Moyen-Orient ont chuté à un niveau inédit depuis cinq ans. Cette baisse s’explique à la fois par une moindre dépendance énergétique – les raffineries françaises ayant diversifié leurs approvisionnements – et par un contexte de prix volatils. La diminution des volumes achetés a mécaniquement allégé la facture énergétique, pesant favorablement sur la balance commerciale.
Une tendance encourageante mais fragile
Si cette amélioration est saluée par les observateurs, la prudence reste de mise. Le déficit commercial français demeure structurellement élevé, notamment dans les secteurs de l’énergie et des biens d’équipement. Les experts soulignent que la performance d’avril pourrait ne pas se reproduire si les exportations aéronautiques ralentissent ou si les prix du pétrole repartent à la hausse. La France continue d’afficher un solde négatif important sur les douze derniers mois, mais le chiffre d’avril marque une embellie notable.
Des perspectives contrastées
Les prochains mois devraient confirmer ou infirmer cette tendance. Le gouvernement mise sur le soutien à l’industrie et à l’exportation pour réduire durablement le déséquilibre, tandis que les aléas géopolitiques et les fluctuations des marchés de l’énergie restent des facteurs d’incertitude. En attendant, le chiffre d’avril offre un signal positif dans un contexte économique global morose.