Le président américain Donald Trump a prononcé la semaine dernière un discours en prime-time destiné à raviver ses affirmations infondées selon lesquelles l'élection de 2020 lui aurait été volée. À l'appui de sa démonstration, il a déclassifié un ensemble de documents de renseignement. Ces fichiers devaient, selon lui, prouver que la Chine avait tenté de fausser le scrutin en sa défaveur.
Or, une analyse détaillée de ces documents montre qu'ils établissent bien davantage l'implication d'un autre pays : la Russie. Plusieurs éléments contenus dans les archives désormais publiques décrivent les tentatives répétées de Moscou pour peser sur les campagnes présidentielles américaines, tant en 2016 qu'en 2020. Des enquêtes parlementaires et judiciaires avaient déjà documenté ces ingérences par le passé.
Un silence remarqué sur la Russie
Durant son intervention de vingt-cinq minutes, M. Trump n'a quasiment pas évoqué la Russie. Cette omission est conforme à sa réticence chronique à reconnaître les conclusions des enquêteurs, selon lesquelles des hauts responsables russes, y compris le président Vladimir Poutine, ont cherché à affaiblir ses adversaires électoraux.
« Il oublie ou il omet simplement que le plus grand pays qui tente d'influencer chaque élection, c'est la Russie », a déclaré le sénateur Mark Warner, principal démocrate au sein de la commission du Renseignement du Sénat, lors d'une intervention télévisée. Il a ajouté que ce fait avait été « démontré à maintes reprises ».
Des documents en partie déjà connus
Une grande partie des informations désormais déclassifiées ne sont pas nouvelles. Elles reprennent des éléments déjà rendus publics il y a cinq ou six ans, soit par les agences de renseignement américaines, soit dans des déclarations officielles de la précédente administration Trump. Leur déclassification intervient dans un contexte où le président a placé des fidèles sans expérience à la tête des services de renseignement. Bill Pulte, un responsable du logement, assure l'intérim à la direction du renseignement national en attendant la confirmation de Jay Clayton, procureur fédéral à Manhattan.
Des inquiétudes sur l'indépendance du renseignement
La mise en avant sélective des documents par M. Trump suscite des préoccupations quant à l'utilisation politique du renseignement. Des critiques estiment que le président tente de détourner l'attention des ingérences russes en concentrant les projecteurs sur la Chine, un thème qui mobilise son électorat. La contradiction flagrante entre ses accusations et le contenu des archives relance le débat sur l'intégrité du processus électoral et la manipulation de l'information.