Le président Donald Trump a prononcé jeudi 16 juillet une allocution en prime time destinée à relancer ses accusations non fondées de fraude lors de l'élection présidentielle de 2020. Il y a de nouveau mis en cause la Chine, affirmant sans preuve que Pékin avait tenté de faire pencher la balance contre lui. Pour appuyer ses dires, M. Trump a déclassifié un ensemble de documents de renseignement.
Mais le contenu de ces archives, rendues publiques par la Maison-Blanche, met surtout en évidence le rôle actif de la Russie dans les tentatives d'ingérence électorale aux États-Unis. Les informations qu'elles contiennent recoupent en grande partie des données déjà connues, publiées il y a cinq ou six ans par les agences de renseignement américaines ou divulguées par d'anciens responsables de la première administration Trump.
Durant son discours d'environ vingt-cinq minutes, le locataire de la Maison-Blanche n'a quasiment pas mentionné la Russie, conformément à sa réticence de longue date à reconnaître les conclusions des enquêtes pénales et parlementaires. Ces dernières ont établi que de hauts responsables russes, dont le président Vladimir Poutine, avaient œuvré pour affaiblir les adversaires de M. Trump lors des campagnes de 2016 et de 2020.
Le sénateur Mark Warner, principal démocrate au sein de la commission du Renseignement du Sénat, a souligné cette omission dimanche lors d'une intervention télévisée. « Il oublie ou passe sous silence que le plus grand pays qui tente d'influencer chaque élection est la Russie », a-t-il déclaré. « Nous l'avons documenté à maintes reprises. »
Cette affaire rappelle que M. Trump cherche régulièrement à utiliser les analyses des services de renseignement pour étayer ses affirmations infondées sur les scrutins auxquels il participe. Ces manœuvres suscitent d'autant plus d'inquiétude que le président a placé des fidèles peu expérimentés à la tête des agences de renseignement. Bill Pulte, un responsable du logement, assure actuellement l'intérim à la direction du renseignement national en attendant la confirmation de Jay Clayton, le procureur fédéral de Manhattan.
Les documents déclassifiés ne sont pas les premiers à mettre en lumière les actions russes. Plusieurs rapports officiels et déclarations publiques de l'ancienne administration avaient déjà décrit ces interférences. Mais le choix du président de les diffuser dans le seul but d'accréditer ses accusations contre Pékin, tout en minimisant le rôle de Moscou, relance le débat sur l'indépendance et l'utilisation politique du renseignement américain.