Le nombre d’agressions contre les élus est resté à un niveau préoccupant en 2025, avec 2.478 faits recensés, soit une baisse marginale de 0,9 % par rapport à l’année précédente. Ces chiffres, issus du rapport du Centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus (Calaé) – créé en mai 2023 sous l’égide du ministère de l’Intérieur – ont été présentés à Laurent Nuñez ce mardi 30 juin 2026, lors de la commission plénière de l’organisme à Beauvau.

Le ministre de l’Intérieur a qualifié la situation d’«insuffisante» et a souligné que les violences devenaient «de plus en plus décomplexées». Il a notamment évoqué une campagne municipale «difficile» durant le mois de mars dernier, marquée par «une explosion des atteintes». Selon ses déclarations, 1.800 atteintes ont été enregistrées depuis le début de l’année 2026, contre 1.000 sur la même période un an plus tôt. Sur la seule période électorale (les six semaines précédant le scrutin), le total s’élève à 1.300 incidents.

Une hausse de 117 % par rapport à 2020

Comparées à la même période de 2020, ces atteintes ont plus que doublé, avec une augmentation de 117 %. En 2024, les faits avaient déjà diminué de 9,3 % – avec 2.501 cas, soit une moyenne de 48 par semaine – après une hausse de 13,5 % en 2023. La tendance de fond reste donc nettement haussière sur le moyen terme.

La nature des atteintes demeure principalement verbale : 68 % des cas relèvent de menaces ou d’outrages, une proportion stable par rapport à l’année précédente. Une part croissante de ces infractions est commise par voie numérique : 27 % des faits en 2025, contre 24 % en 2024.

Les maires, premières cibles

Les maires sont de loin les élus les plus exposés, représentant 65 % des victimes. Les adjoints et conseillers municipaux comptent pour 19 %, et les parlementaires pour 13 % (12 % de députés, 1 % de sénateurs). Au total, 84 % des atteintes en 2025 visaient un membre d’un exécutif local, contre 77 % en 2023 et 82 % en 2024. Le Calaé explique cette concentration par le fait que «le maire demeure le représentant de l’autorité le plus identifié par les citoyens». Laurent Nuñez a renchéri en déclarant : «Le maire, c’est celui qui est à portée de réprimande et parfois malheureusement de violences physiques.»

Un «pack de sécurité» pour les élus

Pour tenter d’endiguer le phénomène, le Calaé a développé un «pack de sécurité» destiné aux élus. Ce dispositif comprend notamment des outils pour faciliter le signalement des atteintes, ainsi que des actions de prévention, comme le diagnostic de sécurité d’une mairie ou du domicile d’un maire. L’organisme, dont la mission est de compiler et analyser les données, d’anticiper les réponses et d’accompagner les élus victimes, poursuit ses travaux malgré la persistance des chiffres élevés.

Les autorités n’ont pas annoncé de mesures supplémentaires à ce stade, mais la présentation du rapport intervient dans un contexte où la campagne des municipales de 2026 a ravivé les inquiétudes sur la sécurité des élus locaux.