Le gouvernement japonais a annoncé mercredi que les autorités chinoises avaient procédé à l'arrestation de deux ressortissants nippons dans le cadre d'une enquête pour contrebande de produits prohibés. Les interpellations se sont déroulées au mois de mai dans la ville portuaire de Dalian, dans le nord-est de la Chine.

Des dates distinctes et des accusations similaires

Le premier individu a été placé en garde à vue le 18 mai, tandis que le second a été appréhendé une semaine plus tard, le 25 mai, a précisé Minoru Kihara, le secrétaire général du gouvernement japonais, lors d'une conférence de presse tenue à Tokyo. Les deux cas relèvent d'une même qualification pénale : la violation de la législation chinoise réprimant l'importation et l'exportation illicites de biens dont le commerce est interdit.

Le porte-parole a indiqué que l'exécutif nippon entendait « répondre de manière appropriée du point de vue de la protection des ressortissants japonais » et qu'il suivrait la procédure pour garantir leurs droits.

Pékin confirme et appelle au respect de la loi

Interrogé lors d'un point de presse régulier à Pékin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a confirmé les détentions. Il a déclaré que les deux Japonais étaient retenus pour « violation de la loi chinoise », sans fournir de précisions supplémentaires sur la nature exacte des faits reprochés.

M. Guo a ajouté que le gouvernement chinois estimait que le Japon devait « éduquer et rappeler à ses citoyens et aux entreprises japonaises opérant en Chine de se conformer aux lois et règlements chinois ». Cette déclaration souligne la dimension diplomatique de l'affaire, dans un contexte de relations bilatérales déjà tendues.

Des soupçons liés aux terres rares

Selon des informations rapportées par la presse japonaise, l'une des deux affaires pourrait concerner des tentatives d'exportation de produits contenant des terres rares, des minéraux stratégiques dont Pékin contrôle étroitement le commerce. La Chine détient en effet une position dominante sur le marché mondial de ces matériaux, essentiels à la fabrication de technologies de pointe (aimants permanents, batteries, électronique).

Les autorités nippones n'ont pas confirmé cette piste. Minoru Kihara s'est refusé à identifier les marchandises incriminées, arguant que l'enquête était en cours. Un flou persiste donc sur la nature exacte des biens saisis et sur l'éventuelle implication d'une entreprise japonaise implantée en Chine.

Un épisode de plus dans des relations bilatérales fragiles

Cette affaire intervient alors que les liens entre Tokyo et Pékin connaissent des frictions sur plusieurs dossiers, qu'il s'agisse de contentieux territoriaux en mer de Chine orientale ou de restrictions commerciales croisées. L'arrestation de ressortissants étrangers pour des motifs économiques n'est pas rare en Chine, mais elle prend ici une résonance particulière en raison du secteur sensible des terres rares.

Le gouvernement japonais a précisé qu'il continuerait de suivre l'évolution de la situation et qu'il prendrait les « mesures appropriées » pour protéger ses citoyens. Aucune date d'audience ni de jugement n'a été communiquée à ce stade.