Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a officiellement annoncé, ce mercredi, que ses équipes d'inspection se rendront sur les sites d'enrichissement nucléaire iraniens, conformément aux termes de l'accord intérimaire conclu entre l'Iran et les États-Unis. Cette déclaration intervient au lendemain de commentaires discordants entre les deux capitales au sujet de la mise en œuvre de cet engagement.
Rafael Grossi, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse, a indiqué que la « guerre des mots » entre les parties ne fera pas obstacle à la reprise des vérifications sur le terrain. « Les inspecteurs iront sur les sites en Iran », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par son entourage. Il a également précisé qu'un programme d'inspection est déjà en préparation et que les discussions techniques avec les autorités iraniennes avancent.
Des divergences levées par une clarification multilatérale
Cette confirmation met un terme à une semaine de flottement diplomatique. Mardi, le vice-président américain J.D. Vance avait affirmé que des inspecteurs internationaux allaient être autorisés à revenir en Iran, dans le cadre d'une suspension partielle de sanctions décidée par l'administration américaine. Dans la foulée, les autorités iraniennes avaient démenti cette information, affirmant que Téhéran n'avait pris aucun nouvel engagement de cette nature. Plusieurs responsables iraniens avaient qualifié ces annonces de « propagande » et insisté sur le fait que l'accord intérimaire ne modifiait pas la position de principe de la République islamique concernant les inspections surprises ou non concertées.
Face à ces versions antagonistes, le patron de l'AIEA a choisi de trancher en réaffirmant le caractère opérationnel des clauses de l'accord. Selon lui, les modalités précises ont été négociées directement entre l'agence et les autorités iraniennes, et ne dépendent pas des déclarations politiques. « L'AIEA agit sur la base de mandats techniques, et non de rhétorique politique », a-t-il souligné.
Un enjeu de crédibilité pour l'accord intérimaire
L'accord intérimaire, annoncé officiellement il y a quelques jours, prévoit un gel partiel des activités d'enrichissement iraniennes en échange d'un allègement des sanctions américaines. L'une de ses dispositions centrales est le retour des inspecteurs de l'AIEA sur le terrain, après plusieurs mois d'interruption des visites de routine. La question des inspections est considérée comme cruciale par les puissances occidentales pour garantir la transparence du programme nucléaire iranien et s'assurer qu'aucune activité non déclarée n'est menée.
Les experts en non-prolifération estiment que la crédibilité de l'ensemble de l'édifice diplomatique repose en grande partie sur la capacité de l'AIEA à vérifier les engagements pris par Téhéran. L'agence onusienne avait déjà signalé, dans ses rapports trimestriels, des lacunes dans la coopération iranienne, notamment en ce qui concerne l'accès à certains sites.
Des inspections déjà programmées
Selon des sources proches de l'agence, une première équipe d'inspecteurs devrait se rendre en Iran dans les prochains jours, avec pour mission d'examiner les installations d'enrichissement de Natanz et de Fordow. Les inspecteurs devraient également vérifier le stock d'uranium enrichi et s'assurer que les centrifugeuses de nouvelle génération sont mises sous scellés, comme le prévoit l'accord intérimaire.
Le gouvernement iranien, quant à lui, n'a pas officiellement réagi à la déclaration de Rafael Grossi. Toutefois, des responsables proches du dossier ont indiqué que Téhéran considère ces inspections comme « un aspect technique parmi d'autres » et qu'elles se dérouleront « dans le cadre de la souveraineté nationale et des protocoles convenus ».
Une séquence diplomatique sous haute tension
Cette clarification intervient dans un contexte de tensions régionales accrues, où chaque déclaration est scrutée par les chancelleries et par les marchés. Le pétrole, en particulier, a connu des fluctuations importantes ces derniers jours, les investisseurs redoutant une rupture des négociations. La confirmation de la tenue des inspections a eu pour effet de rassurer une partie des acteurs économiques, même si la prudence reste de mise.
L'administration américaine, par la voix de son secrétaire d'État, a salué les propos de Rafael Grossi, y voyant « une preuve de l'engagement des parties à respecter les termes de l'accord ». De son côté, le département d'État a réitéré son soutien à l'AIEA et appelé l'Iran à coopérer pleinement.
L'accord intérimaire doit rester en vigueur pour une période de six mois, durant laquelle des négociations plus approfondies sur un accord permanent doivent être menées. Le rôle de l'AIEA dans ce processus est considéré comme déterminant pour établir un climat de confiance mutuelle.