Deux ressortissants japonais ont été placés en détention par les autorités chinoises dans le cadre d'une enquête pour contrebande de produits prohibés, ont annoncé mercredi les gouvernements des deux pays. Les faits remontent au mois de mai dans la ville portuaire de Dalian, située dans le nord-est de la Chine.

Le premier individu a été interpellé le 18 mai, et le second une semaine plus tard, le 25 mai, a précisé le porte-parole du gouvernement japonais, Minoru Kihara, lors d'une conférence de presse. « Le gouvernement japonais continuera à prendre les mesures appropriées pour protéger ses citoyens », a-t-il déclaré.

De son côté, le ministère chinois des Affaires étrangères a confirmé les détentions par la voix de son porte-parole, Guo Jiakun. « Les deux citoyens japonais ont violé la loi chinoise », a-t-il affirmé, sans donner plus de détails. Il a ajouté que le Japon devait « éduquer et rappeler à ses citoyens et entreprises en Chine de se conformer aux lois et règlements chinois ».

Contexte de tensions diplomatiques

Ces arrestations interviennent dans un climat de fortes tensions entre Tokyo et Pékin. Selon plusieurs sources, l'une des affaires pourrait impliquer des tentatives d'exporter des produits contenant des terres rares, des minéraux stratégiques dont la Chine contrôle l'essentiel de la production mondiale et dont elle a sévèrement restreint les exportations vers le Japon.

Au cours des derniers mois, Pékin a réduit de plus de 80 % ses exportations de terres rares vers le Japon, une mesure de rétorsion après des déclarations de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi. En novembre dernier, celle-ci avait évoqué devant le Parlement nippon la possibilité d'une riposte militaire japonaise en cas d'attaque chinoise contre Taïwan, considérée par Pékin comme une province chinoise.

Vagues de représailles

En réponse, la Chine a multiplié les mesures punitives : interdiction d'importer des produits de la mer japonais, appel aux citoyens chinois à ne pas se rendre au Japon, et accroissement de la présence de ses garde-côtes dans les eaux entourant l'archipel. Mercredi, Tokyo a également signalé qu'une plateforme de forage mobile chinoise s'était récemment ancrée en mer de Chine orientale, suscitant des inquiétudes concernant l'exploitation de gisements de gaz.

La question de l'approvisionnement en terres rares a été abordée par la Première ministre Takaichi lors du sommet du G7 en France, où elle a proposé la création d'un stock commun de minéraux critiques entre les sept puissances.

Procédure judiciaire en cours

Les autorités japonaises n'ont pas identifié les marchandises exactes en cause, l'enquête étant toujours en cours. Le porte-parole Kihara s'est refusé à tout commentaire supplémentaire. La Chine domine le marché mondial des terres rares, essentielles à la fabrication de technologies de pointe, des batteries aux systèmes de défense. La réduction drastique des exportations contraint les entreprises japonaises à chercher des alternatives.

Les deux Japonais détenus pourraient faire face à des poursuites pénales. Les précédentes affaires de ce type ont souvent abouti à des peines de prison, suivies d'expulsions. Les relations entre Tokyo et Pékin n'ont jamais été aussi tendues depuis plusieurs années, et ces arrestations risquent de les envenimer davantage.