Le peintre britannique David Hockney, l'une des figures les plus influentes de l'art contemporain, est mort jeudi à l'âge de 88 ans. Sa disparition a été confirmée vendredi par son attachée de presse, Erica Bolton, qui a indiqué qu'il s'était éteint « paisiblement » à son domicile londonien.

Né le 9 juillet 1937 à Bradford, dans le Yorkshire, au sein d'une famille ouvrière, David Hockney a très tôt manifesté un talent pour le dessin. Boursier d'une école d'art locale, il se déclare objecteur de conscience à l'âge de 18 ans et effectue deux années de service civil comme aide-soignant à l'hôpital. En 1959, il intègre le Royal College of Art de Londres. La découverte de l'exposition Picasso à la Tate Gallery l'année suivante fait naître une admiration définitive pour le maître espagnol.

Un artiste précoce et audacieux

Dès ses débuts, Hockney s'impose par un style distinctif mêlant abstraction et détails réalistes. En 1961, un premier voyage à New York le marque profondément : il y trouve une atmosphère moins répressive que l'Angleterre sur le plan sexuel. Il réalise alors une série de gravures inspirées de « La Carrière d'un libertin » de William Hogarth, transposant le récit du XVIIIe siècle dans le New York contemporain, avec des scènes de drague à Central Park et des bars gays.

Médaillé d'or du Royal College of Art – qu'il reçoit vêtu d'une veste en lamé or –, Hockney devient rapidement une star montante de la scène artistique londonienne. En 1963, un second séjour new-yorkais lui permet de rencontrer Henry Geldzahler, conservateur au Metropolitan Museum, qui deviendra un ami proche et un mentor.

L'empreinte californienne

L'année 1964 marque un tournant : Hockney découvre Los Angeles. Il s'installe dans la région et produit certaines de ses toiles les plus célèbres, notamment celles représentant des piscines. « Portrait d'un artiste (Pool with Two Figures) », de 1972, devient l'une de ses œuvres les plus emblématiques. Ces tableaux, baignés de lumière et de couleurs vives, fixent pour toujours l'image d'une Californie hédoniste et luxueuse. L'artiste se qualifie lui-même d'« English Los Angeleno ».

En 1966, alors qu'il enseigne à l'Université de Californie à Los Angeles, il rencontre Peter Schlesinger, un étudiant qui devient son modèle, sa muse et son amant. Les nombreux portraits de Schlesinger constituent une chronique intime de leur relation. Le film « A Bigger Splash » de Jack Hazan, sorti en 1974, dramatise leur séparation en 1971.

Un engagement pour la représentation humaine

À une époque dominée par l'abstraction et l'art conceptuel, Hockney a constamment défendu la peinture figurative. Ses doubles portraits, comme celui de l'écrivain Christopher Isherwood et de son compagnon, sont devenus des classiques. Il a également été l'un des premiers artistes populaires à aborder ouvertement l'homosexualité dans son œuvre et à prendre position contre la censure des images homosexuelles.

Installé pendant de nombreuses années en Californie, il a aussi vécu et travaillé en Europe. En 2022, il résidait dans une maison à colombages du Pays d'Auge, en Normandie, où il avait créé une tapisserie numérique intitulée « David Hockney. A Year in Normandy », exposée au Musée de l'Orangerie à Paris d'octobre 2021 à février 2022. Son environnement y était décrit comme modeste, sans piscine ni luxe apparent, la nature étant le sujet central.

Une fin de vie productive

Jusqu'à ses derniers mois, Hockney n'a cessé de travailler. En avril 2025, une vaste rétrospective s'est tenue à la Fondation Louis-Vuitton à Paris. Malgré sa santé déclinante et l'usage d'un fauteuil roulant, il continuait à peindre dans son atelier londonien. Interrogé avant l'ouverture de l'exposition, il avait déclaré : « Je continue mon travail. Quand je reviendrai de Paris, je vais continuer à peindre. »

Son œuvre, à la fois graphique et fondamentalement illustrative, a su séduire un large public à travers les décennies, au-delà des modes du marché de l'art. David Hockney laisse une production considérable qui a profondément marqué l'histoire de la peinture contemporaine.