Un large soutien à travers le continent

À l'occasion du dixième anniversaire du référendum sur le Brexit, une enquête d'opinion menée par le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) et dévoilée le 21 juin dresse un constat frappant : les deux tiers des personnes interrogées dans quinze États membres de l'Union européenne se déclarent favorables à un retour du Royaume-Uni au sein de l'Union. Ce chiffre atteint 75 % aux Pays-Bas et au Danemark, tandis que la France et l'Italie enregistrent un taux de 59 %, et la Bulgarie le score le plus bas avec 56 %.

L'extrême droite européenne séduite par l'idée

L'étude met en lumière un paradoxe : les électorats des partis d'extrême droite, souvent associés à une défiance envers Bruxelles, ne rejettent pas la perspective d'une réadhésion britannique. Les sympathisants du Parti populaire danois seraient ainsi 57 % à accueillir positivement un tel scénario. Du côté allemand, 58 % des électeurs de l'Alternative pour l'Allemagne partagent cet avis, tout comme 58 % des soutiens du Rassemblement national en France. En Pologne, la proportion atteint 71 % parmi les électeurs de l'Alliance Confédération.

Des négociations en cours, mais un chemin semé d'embûches

Depuis plusieurs mois, le gouvernement britannique tente de renégocier certains accords avec l'Union européenne, un mouvement encouragé par un constat d'échec économique et politique du Brexit ressenti par une partie croissante de la population britannique. Toutefois, la perspective d'une réintégration complète demeure, selon plusieurs observateurs, peu probable à court terme. Le Royaume-Uni reste attaché à son indépendance et rechigne à se soumettre à l'ensemble des normes communautaires. Des partenariats ciblés, notamment en matière de défense et de sécurité, pourraient constituer une alternative pragmatique, dans laquelle l'Union européenne trouverait un intérêt stratégique face aux grandes puissances mondiales.

Un héritage géographique et politique indélébile

Pour certains universitaires, le retour du Royaume-Uni dans l'UE serait un prolongement logique de son appartenance géographique et historique au continent européen. La construction européenne, fondée sur l'idée d'un destin commun, pourrait bénéficier de la réintégration de ce partenaire de poids. Cependant, les Vingt-Sept restent divisés sur les modalités d'un éventuel rapprochement, tandis que Londres cherche à définir une nouvelle relation avec ses voisins, sans pour autant renier les résultats du référendum de 2016.