Un positionnement assumé
À un an du scrutin présidentiel, le candidat à l’élection de 2027 et ancien chef du gouvernement a livré sa vision de la campagne dans une interview publiée le 20 juin. Selon lui, la question essentielle n’est pas de savoir s’il faut rompre ou non avec le macronisme, mais de se concentrer sur l’action. « Le sujet, ce n’est pas de rompre ou de ne pas rompre, c’est de faire », a-t-il déclaré, refusant de réduire le débat à un simple rejet ou à une adhésion aveugle à l’héritage d’Emmanuel Macron.
Fondateur du mouvement Horizons, le maire du Havre s’inscrit dans une « forme de continuité qui commence bien avant Emmanuel Macron », notamment en matière de défense et de construction européenne. Il a d’ailleurs salué plusieurs réformes menées lorsqu’il était à Matignon, entre 2017 et 2020, comme la réduction du déficit, l’amélioration de l’attractivité économique, la baisse du chômage, la réindustrialisation ou encore la transformation du marché du travail et le développement de l’apprentissage.
Un regard critique sur l’exercice du pouvoir
L’ancien Premier ministre a néanmoins tenu à marquer sa différence avec la manière de gouverner des derniers présidents de la République. « J’observe que depuis Nicolas Sarkozy les présidents ont souhaité au moins autant gouverner que présider. Ce n’est pas ma lecture de nos institutions », a-t-il souligné, esquissant une conception où le chef de l’État aurait un rôle davantage arbitral.
Se présentant comme un « homme libre », il a affirmé n’être « ni un héritier ni quelqu’un qui se renie ». Il assume ce qu’il a fait, ce qu’il a accompli, mais aussi ce qu’il souhaite changer. « Je sais ce que j’ai fait, ce que j’assume, ce que je veux changer », a-t-il résumé.
Un appel à l’union
Dans une offre politique fragmentée au sein du bloc central, l’ancien locataire de Matignon se trouve en concurrence avec d’autres figures, comme l’ancien Premier ministre Gabriel Attal ou le président des Républicains Bruno Retailleau, avec qui il partage certaines convergences sur les questions régaliennes. Malgré cette rivalité, le candidat se dit confiant dans la capacité de ses concurrents à s’effacer en sa faveur s’il venait à être donné en tête des intentions de vote. Il a estimé que leur « sens des responsabilités » les pousserait à cette posture.
« Quant à moi, je veux rassembler et je saurai prendre mes responsabilités. Ma conviction, ma stratégie, c’est que pour l’emporter et pour faire avancer le pays, il faut un grand rassemblement de la droite et du centre », a-t-il lancé, appelant de ses vœux une union large pour emporter la mise.
Premier grand meeting annoncé
Sur le plan concret, l’entourage du candidat a annoncé qu’il tiendrait son premier grand meeting de campagne le 5 juillet à l’Adidas Arena, dans la capitale. Ce rendez-vous doit marquer le lancement public de sa dynamique électorale.