Deux explosions successives ont frappé le district de Bannu, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, au nord-ouest du Pakistan, faisant au moins sept victimes et trois blessés, ont indiqué les autorités locales.
Selon un officier de police du secteur, Yasir Afridi, la première charge a été déclenchée à distance alors qu’un pick-up privé transportant des passagers passait sur la route. Les personnes grièvement atteintes ont été évacuées vers un hôpital dans un véhicule. C’est lors de ce transport que la deuxième bombe a explosé, ajoutant deux morts au bilan initial de cinq.
Aucune revendication, piste des talibans pakistanais
Aucun groupe n’a immédiatement revendiqué la responsabilité des attaques. Les soupçons se tournent néanmoins vers le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), également appelé talibans pakistanais, qui a déjà perpétré des attentats similaires dans cette zone frontalière de l’Afghanistan.
Condamnations des plus hautes autorités
Le Premier ministre Shehbaz Sharif a fermement dénoncé les bombardements et exprimé sa compassion envers les familles des défunts. Il a assuré que le gouvernement restait déterminé à éradiquer le terrorisme et à traduire les coupables en justice.
De son côté, le président Asif Ali Zardari, via un message publié sur le réseau X, a présenté ses condoléances pour la perte de vies civiles innocentes. Sans citer de groupe particulier, il a lancé un avertissement explicite aux commanditaires internes et externes du terrorisme, accusés d’offrir des refuges, un soutien logistique et un financement aux réseaux extrémistes.
Contexte de tensions transfrontalières
Ces attaques s’inscrivent dans une période de relations très tendues entre le Pakistan et l’Afghanistan. Islamabad impute à Kaboul une recrudescence des violences près de la frontière, ce que les autorités talibanes afghanes démentent régulièrement. Début juin, des frappes aériennes pakistanaises dans des villes afghanes auraient tué vingt-six combattants talibans selon le Pakistan, et douze civils d’après le gouvernement afghan. La frontière est en grande partie fermée depuis les affrontements d’octobre, paralysant le commerce bilatéral et la circulation des personnes.