Un incendie s’est déclaré vers 4 heures du matin lundi 29 juin dans un immeuble d’habitation situé dans le quartier du Plan à Valence (Drôme). Le sinistre, qui a nécessité la mobilisation d’une cinquantaine de sapeurs-pompiers, a fait quatorze victimes, toutes légèrement blessées. Pris en charge sur place ou transportés à l’hôpital, les blessés ne présentent pas de pronostic vital engagé.

Très vite, la piste criminelle a été privilégiée. Le maire de Valence, Nicolas Daragon, a qualifié l’acte d’« inqualifiable » lors d’un point presse. Selon lui, cet incendie s’inscrit dans une série d’événements violents liés au narcotrafic qui frappent la commune depuis plusieurs semaines. « Aujourd’hui je pense d’abord à mes concitoyens qui n’en peuvent plus de subir ce harcèlement par les narcotrafiquants », a-t-il déclaré, appelant l’État à prendre « des mesures fermes » à l’échelle nationale.

Abondant dans le même sens, la préfète de la Drôme, Marie-Aimée Gaspari, a déploré « une véritable escalade de la violence » qui « impose une réaction immédiate ». Elle a précisé qu’après une accalmie observée depuis 2024, « un nouveau cycle » a débuté, avec « un mode opératoire qui est différent, beaucoup plus violent ». Les trafiquants visent désormais des immeubles collectifs, mettant en danger des habitants qui « n’ont rien à voir avec le trafic de stupéfiants ». Face à cette situation, la préfète a annoncé le déploiement de renforts de CRS dans le quartier du Plan, pour une durée « autant que nécessaire ».

Le procureur de la République de Valence, Laurent De Caigny, a confirmé le contexte de violence liée au narcotrafic. Il a indiqué que dix personnes avaient été arrêtées et incarcérées depuis le 10 mars dans le cadre d’enquêtes portant sur des tentatives d’incendie, des ouvertures de feu, des tentatives d’homicide volontaire et deux homicides volontaires. Le dernier épisode en date, survenu le 20 juin dans le même quartier, concernait la mort d’un jeune homme par balles lors d’un probable règlement de comptes lié au trafic de drogue. Trois suspects avaient alors été interpellés. Le magistrat a estimé qu’il y avait « une gradation dans les méthodes employées » et a assuré que la population n’était « pas abandonnée à la crainte que veulent susciter les narcotrafiquants ».

L’enquête a été confiée à la police judiciaire. Les investigations en cours devront déterminer les auteurs de cet incendie criminel et préciser les liens éventuels avec les réseaux de stupéfiants actifs dans le secteur. La ville de Valence, déjà marquée par plusieurs épisodes de violence liés au trafic, attend désormais des réponses rapides des autorités judiciaires et policières.