Au moins une cinquantaine de lits étaient prévus sur la base aérienne de Laikipia, à Nanyuki, à quelque 200 kilomètres au nord de Nairobi. Ce centre, qui devait être géré par du personnel médical états-unien, aurait accueilli des citoyens américains exposés au virus Ebola en Afrique centrale mais asymptomatiques. Les patients présentant des symptômes auraient été transférés vers d'autres pays, selon des responsables américains.

La décision de la Haute Cour fait suite à une requête déposée par un groupe de défense des droits, qui contestait la confidentialité entourant la construction de l'installation. La juge Patricia Nyaundi a ordonné au gouvernement kényan de communiquer l'accord conclu avec Washington dans un délai de sept jours, et de ne prendre aucune mesure pour mettre en service le centre avant le jugement de l'affaire.

Le président William Ruto est intervenu publiquement pour apaiser les inquiétudes. « Je peux assurer au peuple kényan que l'accord entre le gouvernement du Kenya et le gouvernement américain est pour le bien de notre pays et de notre partenariat. Nous sommes un gouvernement responsable. Nous savons ce que nous faisons. Les gens doivent donc se détendre », a-t-il déclaré.

Des manifestations meurtrières

Cette annonce intervient après plusieurs jours de heurts violents. Des centaines de manifestants s'étaient rassemblés près du site, dénonçant un risque d'exposition au virus pour la population locale. Les forces de sécurité ont dispersé les protestataires à l'aide de gaz lacrymogène. Plusieurs personnes ont trouvé la mort dans ces affrontements, dont les circonstances exactes restent à établir.

Le projet avait été suspendu une première fois la semaine précédente par un tribunal, après le dépôt d'une plainte dénonçant l'absence de transparence. Les autorités kényanes n'ont pas encore publié le texte de l'accord bilatéral, malgré les exigences de la justice.

L'OMS ajuste ses bilans

Parallèlement, l'Organisation mondiale de la santé a annoncé une révision drastique de ses estimations concernant l'épidémie de la souche Bundibugyo du virus Ebola, qui sévit dans l'est de la République démocratique du Congo. Alors qu'elle faisait état la semaine précédente de plus de 900 cas suspects, l'organisation a ramené ce chiffre à 116 cas suspects et 330 cas confirmés.

Christian Lindmeier, porte-parole de l'OMS, a expliqué ce recul par le fait que « de nombreux cas ont été écartés » après vérification, s'étant avérés être d'autres maladies ou des fièvres sans lien avec Ebola. Le nombre de décès attribués au virus s'élève à 48 en RDC, tandis qu'un décès a été enregistré en Ouganda voisin, où plusieurs cas ont été confirmés.

Réouverture de l'aéroport de Bunia

Dans la province de l'Ituri, la plus touchée par l'épidémie, l'aéroport principal de Bunia a rouvert ses portes mardi après une fermeture de dix jours. Les autorités avaient suspendu tous les vols passagers le 23 mai pour des raisons de sécurité, autorisant uniquement les vols médicaux et humanitaires. La réouverture a été confirmée par un communiqué gouvernemental.

Le Kenya, bien qu'épargné par le virus, se trouve en première ligne en raison de sa proximité avec les foyers épidémiques. Le projet de centre de quarantaine, voulu par l'administration Trump, avait suscité une vive polémique. Le président américain avait déclaré que son pays « ne peut et ne permettra pas » que des cas d'Ebola entrent sur le territoire américain, justifiant la mise en quarantaine au Kenya.