Une enquête menée récemment par Bloomberg auprès d'investisseurs et d'analystes financiers classe Ed Miliband comme le candidat le moins attrayant pour occuper le poste de chancelier de l'Échiquier. Ce sondage, intitulé « Markets Pulse », révèle que les milieux d'affaires préfèrent largement d'autres figures politiques pour diriger la politique économique du Royaume-Uni.

Selon les résultats de cette consultation, Andy Burnham, maire de Manchester et figure montante du Parti travailliste, arrive en tête des préférences des marchés. La ministre Khalid Mahmood, actuellement en poste au sein du gouvernement, est également nettement mieux perçue que l'ancien chef du parti. Ed Miliband, qui a dirigé le Labour de 2010 à 2015 et occupe aujourd'hui le poste de secrétaire d'État à la sécurité énergétique et à la neutralité carbone, se trouve donc distancé.

Cette perception négative contraste avec l'appel lancé par Nicholas Stern, ancien conseiller économique en chef du Trésor britannique, qui avait publiquement exhorté à nommer Ed Miliband à la tête du Trésor. Lord Stern, auteur du rapport sur l'économie du changement climatique, estime que les compétences d'Ed Miliband dans les dossiers environnementaux pourraient être mises à profit pour orienter la politique budgétaire vers une transition écologique.

Les raisons de la défiance des marchés

Plusieurs investisseurs interrogés dans le cadre de l'enquête « Markets Pulse » justifient leur scepticisme par le passé politique d'Ed Miliband et ses positions jugées trop interventionnistes sur les questions industrielles et énergétiques. Sa gestion du dossier de la décarbonation, marquée par des objectifs ambitieux et des régulations nouvelles, suscite des inquiétudes dans les secteurs financiers et pétroliers.

D'autres acteurs évoquent son manque d'expérience directe en matière de politique budgétaire et monétaire. Bien qu'ayant été secrétaire d'État à l'énergie et au changement climatique sous le gouvernement Brown, Ed Miliband n'a jamais occupé de poste au Trésor, contrairement à certains de ses concurrents.

Une compétition interne au Labour

La succession à la tête du Trésor britannique se joue dans un contexte politique tendu, alors que le gouvernement peine à relancer la croissance économique et à maîtriser l'inflation. Le Premier ministre, dont le nom n'a pas été précisé dans les sources, doit trancher entre plusieurs candidatures internes au Parti travailliste.

Andy Burnham, fort de sa popularité dans le nord de l'Angleterre et de son bilan à la mairie de Manchester, est perçu comme un modéré capable de rassurer les milieux d'affaires. Khalid Mahmood, ministre en exercice, bénéficie de son expérience gouvernementale récente. Ed Miliband, bien que soutenu par une partie de l'aile gauche du parti et des écologistes, peine à convaincre au-delà de ce cercle.

Des divergences entre Stern et les marchés

L'appel de Nicholas Stern en faveur d'Ed Miliband intervient dans un débat plus large sur l'orientation économique du Royaume-Uni. Lord Stern plaide pour une intégration plus étroite entre politique climatique et politique budgétaire, estimant que la transition énergétique doit être au cœur de la stratégie de croissance.

Les marchés, en revanche, privilégient une approche plus pragmatique et favorable aux entreprises, ce qui explique leur préférence pour des candidats perçus comme plus proches du monde des affaires. Cette opposition illustre les tensions au sein du Labour entre l'aile droite, favorable à une orthodoxie budgétaire, et l'aile gauche, qui prône une intervention massive de l'État dans l'économie.

En attendant la décision finale du Premier ministre, Ed Miliband conserve le poste de secrétaire d'État à la sécurité énergétique. Son avenir politique reste incertain, mais l'enquête Bloomberg suggère qu'il ne part pas favori pour la chancellerie.