Emmanuel Macron est arrivé le 6 juillet 2026 à Damas, inaugurant une séquence diplomatique inédite depuis la chute de l’ancien président syrien. Accueilli à l’aéroport international par le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, le chef de l’État français entame une visite de deux jours qui le conduit au cœur d’un pays fragmenté.

Un symbole fort pour les nouvelles autorités

Cette visite constitue une première pour un dirigeant occidental depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités syriennes en 2024. Avant son départ, la présidence française avait indiqué que le président plaiderait pour « une Syrie libre et pluraliste, qui respecte chacune de ses composantes » et qu’il jouerait un rôle dans la modération des tensions au Moyen-Orient. Sur place, M. Macron doit rencontrer le dirigeant de facto du pays, Ahmed al-Charaa, plus connu sous le nom de guerre Abou Mohammad al-Joulani, ainsi que des représentants de la société civile et des responsables kurdes.

Un contexte sécuritaire fragile

La délégation française a été placée sous haute protection, témoignant des défis sécuritaires qui persistent en Syrie. Si la chute de Bachar al-Assad a mis fin à plus d’une décennie de guerre civile, le pays reste divisé entre différentes factions armées, et la question kurde demeure l’un des principaux dossiers à régler. La Russie et l’Iran, alliés de l’ancien régime, conservent par ailleurs des intérêts stratégiques sur place. Dans ce contexte, l’arrivée d’un dirigeant occidental est perçue comme un soutien à la transition politique engagée par les nouvelles autorités, mais elle suscite aussi des interrogations sur l’éventuelle normalisation avec des groupes classés comme terroristes par plusieurs capitales occidentales.

Des attentes contrastées dans la population

Dans les rues de Damas, la visite suscite des réactions contrastées. Certains habitants y voient un signe d’espoir et un pas vers une normalisation de la situation internationale de la Syrie. D’autres restent prudents, rappelant les années de guerre et les souffrances endurées. Selon des propos rapportés par des témoins, plusieurs Syriens souhaitent que cette visite contribue concrètement à la reconstruction du pays et à l’amélioration des conditions de vie.

Quelles implications régionales ?

Au-delà du symbole, ce déplacement s’inscrit dans une tentative de l’Union européenne de renouer le dialogue avec Damas, après des années d’isolement diplomatique. Paris entend ainsi peser dans les équilibres régionaux, notamment face à l’influence croissante de la Turquie et aux tentatives de rapprochement de plusieurs pays du Golfe avec les nouvelles autorités syriennes. Le président français a réaffirmé, lors de son arrivée, que son pays soutenait une Syrie souveraine, stable et capable de protéger toutes ses communautés.

Un agenda chargé

Le programme de la visite comprend des entretiens bilatéraux, une rencontre avec les autorités religieuses et des déplacements dans des quartiers emblématiques de la capitale. Emmanuel Macron doit également évoquer le sort des disparus français en Syrie et la lutte contre le terrorisme. Il quittera Damas le 7 juillet 2026.