La Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) a officiellement demandé l’interdiction des espaces dits « No Kids », ces lieux privés ou publics où la présence d’enfants est prohibée. Dans une prise de position rendue publique, l’autorité indépendante estime que ces zones contribuent à « l’invisibilisation des enfants dans l’espace public », un phénomène qu’elle juge préoccupant pour la cohésion sociale.

Un rapport alarmant sur la place des enfants

Cette demande s’appuie sur un rapport récent qui alerte sur la progression de ces espaces sans enfants, notamment dans les restaurants, les hôtels, les trains ou certaines zones de loisirs. Selon la CNDH, cette tendance tend à reléguer les familles et les mineurs en marge de la vie collective, ce qui pourrait avoir des conséquences sur leur développement et leur intégration sociale.

L’institution souligne que l’exclusion des enfants de certains lieux publics ou privés banalise leur mise à l’écart et fragilise leur place dans la société. Elle appelle les pouvoirs publics à légiférer pour interdire ces pratiques, considérées comme discriminatoires.

Des précédents à l’étranger et en France

La CNDH n’est pas la première à s’emparer du sujet. Plusieurs pays ont déjà restreint ou encadré les espaces « No Kids », jugés contraires aux droits de l’enfant et à la vie familiale. En France, des débats ont émergé dans certaines municipalités, mais aucune loi nationale n’existe aujourd’hui pour proscrire ces zones.

La Commission rappelle que la Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par la France, garantit aux mineurs le droit de participer à la vie sociale et de ne pas subir de discriminations. Or, selon elle, les espaces sans enfants contreviennent à ces principes.

Quelles suites possibles ?

Pour l’instant, la demande de la CNDH n’a pas encore été traduite en projet de loi. L’institution espère que son alerte incitera le gouvernement et le Parlement à se saisir de la question. En attendant, le débat public reste vif entre les défenseurs de la liberté des commerces et les partisans d’une société plus inclusive pour les familles.

Certains professionnels du tourisme et de la restauration avancent que ces espaces répondent à une demande de calme de la clientèle, tandis que les associations familiales dénoncent une exclusion injuste. La CNDH a tranché en faveur d’une interdiction pure et simple, estimant que les droits des enfants ne sauraient être sacrifiés sur l’autel du confort des adultes.