L'Espagne disputera dimanche 19 juillet sa deuxième finale de Coupe du monde, après celle de 2010 remportée face aux Pays-Bas. Les hommes de Luis de la Fuente ont composté leur billet en dominant largement la France (2-0) mardi en demi-finale, au terme d'une prestation collective saluée par les observateurs comme un modèle de maîtrise.

Une démonstration tactique

Face à des Bleus portés par des individualités comme Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé ou Michael Olise, la Roja a imposé son jeu de possession et sa rigueur défensive. La France, qui visait une troisième finale consécutive, n'a cadré que trois tirs et n'a jamais réellement inquiété le gardien espagnol. « La France a été écartée par une Espagne soyeuse », a résumé un ancien joueur de Premier League, Chris Sutton, présent au stade de Dallas pour la retransmission. « Ce sont de brillants individus qui ne jouent pas en équipe », a renchéri son confrère Roy Keane sur une autre chaîne.

L'Espagne, qui reste sur une série de 37 matches sans défaite – égalant un record –, a notamment brillé par son milieu de terrain. Les joueurs ibériques ont neutralisé les attaquants français en maintenant un pressing constant et en ressortant le ballon avec une aisance déconcertante. Le score de 2-0 reflète leur domination, même si la France a eu quelques occasions en seconde période.

Un parcours en progression

Pourtant, la Roja était passée relativement inaperçue en phase de groupes, n'ayant pas réussi à battre le Cap-Vert lors de son match d'ouverture. Lamine Yamal, la jeune pépite espagnole, n'a inscrit qu'un seul but dans le tournoi. Mais l'équipe a monté en puissance et a signé une sixième clean sheet en sept rencontres. « En ce Mondial placé sous le signe des stars, l'Espagne montre la valeur du collectif et du contrôle », souligne un chroniqueur.

Les joueurs de Luis de la Fuente, nommé sélectionneur en décembre 2022 après des critiques sur son profil discret – certains l'avaient surnommé « Luis de la Who? » –, ont fait taire les sceptiques. Le technicien, ancien entraîneur des équipes de jeunes, a insufflé un jeu de possession hérité de la génération 2010 mais adapté aux nouveaux talents.

Une finale inédite

Dimanche, l'Espagne affrontera l'Argentine, qui s'est qualifiée en battant l'Angleterre en demi-finale grâce à un doublé de Lionel Messi. L'Albiceleste, championne du monde en titre, dispute sa deuxième finale consécutive. Le match mettra aux prises deux styles opposés : le jeu collectif espagnol contre le génie individuel de Messi et la solidité argentine.

Le président américain Donald Trump a annoncé sa présence en tribune pour assister à la finale, qui se déroulera vraisemblablement dans le stade de Dallas, déjà hôte de la demi-finale. La France, quant à elle, devra se contenter de la petite finale pour la troisième place contre l'Angleterre, qu'elle jouera samedi.

Réactions

« L'Espagne a scalpé la France », a lancé Chris Sutton. « Nous avons tellement couvert d'éloges la France dans ce tournoi, mais elle a été balayée par une Espagne soyeuse. Dans l'ensemble, l'Espagne a dominé et surjoué cette équipe française. » Roy Keane a abondé : « L'Espagne a été absolument brillante – un pur plaisir à regarder. »

Du côté espagnol, la satisfaction était mesurée mais réelle. Les joueurs ont célébré sur la pelouse, conscients d'avoir réalisé l'un des plus grands exploits du tournoi face à une équipe donnée favorite. « Nous avons donné une véritable correction aux Français », confiait un supporter madrilène sur place. « C'est spécial d'être en finale, mais nous voulons gagner. »