La tension entre Rome et Moscou connaît un nouveau chapitre. Les forces de sécurité italiennes ont procédé à l'arrestation de deux hommes, soupçonnés d'avoir mené des activités de renseignement au profit de la Russie. Cette opération a été suivie, à bref délai, par l'expulsion de deux ressortissants russes qui officiaient sous couverture diplomatique et que les enquêteurs présentent comme des agents des services de renseignement.
Les deux individus interpellés sont accusés d'avoir recueilli des informations sensibles et de les avoir transmises à des intermédiaires liés à des réseaux russes. Les investigations, menées par la direction antiterroriste et antimafia, auraient mis au jour des liens avec des officines de renseignement étrangères. Les autorités judiciaires italiennes n'ont pas encore divulgué l'identité des suspects ni les chefs d'inculpation précis, mais l'affaire est prise très au sérieux au plus haut niveau de l'État.
Dans la foulée de ces arrestations, le ministère des Affaires étrangères italien a convoqué le chargé d'affaires de l'ambassade de Russie pour lui signifier le caractère indésirable de deux diplomates. Ces derniers se sont vu intimer l'ordre de quitter le pays dans un délai de quarante-huit heures. Les autorités italiennes les accusent d'avoir utilisé leur statut diplomatique pour coordonner un réseau d'espionnage opérant sur le sol italien.
Des précédents dans le cadre des tensions Est-Ouest
Ces mesures ne sont pas isolées. Depuis l'été 2027, plusieurs pays européens ont expulsé des diplomates russes sous des motifs similaires, invoquant des activités contraires à la sécurité nationale. L'Italie, jusqu'à présent, avait adopté une ligne plus prudente, privilégiant les canaux diplomatiques. Ce revirement marque un durcissement de la position de Rome vis-à-vis de Moscou.
Les enquêteurs estiment que le réseau démantelé visait à collecter des données sur les infrastructures critiques italiennes, les mouvements de troupes de l'OTAN dans la péninsule et les positions politiques du gouvernement. Les deux hommes arrêtés auraient également cherché à recruter des sources au sein de l'administration publique et du secteur industriel.
Réactions officielles
Le gouvernement italien, par la voix de son ministre de l'Intérieur, a justifié ces actes en affirmant que « toute activité d'espionnage sur le territoire national sera traitée avec la plus grande fermeté ». Aucun commentaire n'a encore été émis par l'ambassade de Russie à Rome. Les observateurs notent que cette affaire pourrait compliquer les relations bilatérales déjà tendues dans le contexte du conflit ukrainien et des sanctions économiques.
L'opposition parlementaire a interpellé l'exécutif sur l'étendue de la menace et sur les mesures de protection des secrets d'État. Le débat devrait se poursuivre dans les prochains jours. En attendant, les deux hommes interpellés restent en détention provisoire, et les deux diplomates expulsés ont déjà quitté le territoire italien.