Alors que la France subit une vague de chaleur persistante et que le débat politique s’intensifie sur les réponses à apporter face au réchauffement climatique, Édouard Philippe, président du parti Horizons et ancien chef du gouvernement, a dévoilé un ensemble de propositions. Celles-ci comprennent la création d’une structure calquée sur l’ancienne DATAR et un vaste programme d’installation de climatiseurs dans les espaces collectifs.
Une nouvelle DATAR pour coordonner l’adaptation
L’élu propose de recréer une délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale, qu’il qualifie de « DATAR 2.0 ». Selon lui, cet organisme aurait pour mission de planifier et de coordonner les politiques d’adaptation au changement climatique à l’échelle nationale, en lien avec les collectivités locales et les acteurs économiques. Cette proposition vise à donner une impulsion centralisée face à des épisodes caniculaires qu’il juge amenés à devenir plus fréquents et plus intenses.
Climatisation des bâtiments publics
Dans le même temps, Édouard Philippe préconise un plan de climatisation généralisée des lieux publics. L’objectif est d’équiper massivement les écoles, les crèches, les établissements de santé, les administrations et les transports collectifs afin de protéger les personnes les plus vulnérables lors des pics de chaleur. Il plaide pour un financement public important, estimant que l’investissement est nécessaire pour éviter des drames humains.
Une position qui tranche avec d’autres approches politiques
Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs voix s’élèvent pour réclamer des mesures différentes. Le sénateur écologiste Guillaume Gontard a déclaré que « le fait de ne pas agir, ce sont des vies humaines qui seront perdues », appelant à des actions plus rapides de la part de l’exécutif. D’autres, comme la présidente du Haut Conseil pour le climat, Monique Barbut, ont réclamé un plan de financement dédié à l’adaptation et alerté sur la possibilité d’une troisième vague de chaleur se prolongeant jusqu’au 14 juillet.
À l’opposé, le président des Entrepreneurs s’est opposé à l’idée d’un congé climatique, estimant qu’il ne faut pas toujours penser que « la solution est de travailler moins ». De son côté, le ministre Sébastien Lecornu a appelé les maires à un « débat de bon sens » sur la climatisation, privilégiant une approche pragmatique et décentralisée.
Un débat qui s’ancre dans la campagne présidentielle
À l’approche de l’élection présidentielle, la question de la gestion des canicules cristallise les clivages politiques. Les positions oscillent entre des solutions technologiques comme la climatisation massive, des mesures organisationnelles comme le télétravail ou les congés climatiques, et des investissements structurels dans l’isolation et l’adaptation des logements. Le « plan endurance » présenté plus tôt par le gouvernement visait déjà à améliorer la protection des habitations contre les fortes chaleurs, mais sans aller jusqu’à la généralisation de la climatisation.
Édouard Philippe espère, avec sa « DATAR 2.0 » et son plan de climatisation, imposer une ligne d’action concrète et planificatrice face à un phénomène climatique qui, selon lui, appelle une réponse à la hauteur des enjeux.