Alors que le bilan humain des séismes qui ont frappé les côtes vénézuéliennes dépasse les 1 900 morts, des équipes de recherche et de sauvetage venues des États-Unis intensifient leurs opérations dans l'État de La Guaira, l'un des plus durement touchés. Dépêchées par le département d'État américain, trois unités spécialisées — celles de Los Angeles (Californie), de Fairfax (Virginie) et de Miami-Dade (Floride) — travaillent sans relâche pour tenter de retrouver des survivants sous les amas de béton et d'acier.

Un sauvetage emblématique à Caraballeda

Lundi, alors qu'une équipe de Los Angeles se rendait sur un site d'effondrement, une mère les a interpellés dans la chaleur tropicale. Ses trois enfants, âgés de 9 à 16 ans, se trouvaient dans un appartement au neuvième étage d'un immeuble de douze étages qui s'est écroulé dans la localité de Caraballeda, dont une partie a été rasée. Les chiens de détection ont rapidement signalé la présence d'une vie sous les gravats, et des dispositifs d'écoute spéciaux ont capté le bruit de coups frappés. L'équipe a alors demandé à son camp de base l'envoi d'un équipement d'excavation adapté. Depuis, les secouristes creusent à l'aide de scies à béton, de pelles, de haches et même à mains nues. « Nous savons que le temps joue contre nous », a déclaré Trey Espy, chef adjoint des pompiers du comté de Los Angeles et chef de la task force.

Cinq rescapés et des opérations minutieuses

Arrivées vendredi, environ 48 heures après les séismes, les unités de Los Angeles et de Fairfax sont parvenues à extraire cinq personnes vivantes des décombres à La Guaira, selon John Morrison, porte-parole de l'unité de recherche et de sauvetage urbain du comté de Fairfax, qui se trouve également sur place. Ce dernier a décrit des sauvetages extrêmement délicats, dont trois auxquels il a personnellement assisté, chacun durant entre huit et quatorze heures. Les équipes s'appuient sur les témoignages des habitants, des proches de disparus et des ouvriers locaux pour localiser les signes de vie — une voix, un bruit de percussion. Les chiens renifleurs sont envoyés sur les tas de décombres pour détecter l'odeur des vivants ou des corps sans vie.

Des moyens logistiques considérables

Les unités américaines ont voyagé à bord d'avions cargo militaires distincts, chacun transportant environ 36 tonnes d'équipement. Elles ont installé un camp de base et prévoient de rester au Venezuela pour une durée d'environ deux semaines, a précisé John Morrison. La coordination est assurée par le département d'État, qui dirige l'ensemble des opérations des trois unités. Par ailleurs, ces deux task forces — Los Angeles et Fairfax — avaient effectué un exercice conjoint le mois précédent en Virginie, simulant une réponse à un séisme de grande ampleur, ce qui a facilité leur déploiement immédiat.

Un contexte de désolation

Trey Espy a décrit avec gravité ce que lui et son équipe observent sur le terrain : « Les bâtiments sont en ruine. Il n'y a pas d'essence, pas d'épicerie, ni eau courante ni électricité. Il a plu très fort la nuit dernière, et les gens n'ont pas d'abri. » Certaines victimes, a-t-il ajouté, « sont ensevelies depuis près d'une semaine sans nourriture ni eau ». La zone côtière proche de Caracas a été dévastée par deux secousses successives, et les autorités estiment que plusieurs milliers de personnes pourraient encore être prisonnières des centaines de bâtiments effondrés.