Une foule en deuil, un cri de colère
Ce dimanche, la petite ville de Fleurance, dans le Gers, a vu défiler plusieurs centaines de personnes venues rendre un dernier hommage à Lyhanna, une adolescente de 14 ans tuée après avoir été percutée par un véhicule. La marche blanche, silencieuse dans ses premiers instants, a rapidement laissé place à une atmosphère lourde de colère et d’incompréhension. Élus, famille et anonymes se sont rassemblés, unis par un même sentiment : celui d’avoir été abandonnés par une justice qui, selon eux, a échoué à protéger la jeune fille.
« La justice n’a rien fait »
Parmi les participants, plusieurs ont exprimé ouvertement leur stupéfaction face au déroulement de l’enquête et des poursuites. Un proche de la famille, cité par des participants, a lancé : « Je trouve perturbant que la justice n’ait rien fait. » Ce sentiment a été repris en chœur par des habitants, dénonçant ce qu’ils perçoivent comme une série de défaillances. L’un des manifestants a confié : « On dit “plus jamais ça” tout le temps et ça recommence. »
Les participants pointent du doigt des ratés dans le suivi judiciaire qui auraient permis au conducteur impliqué de rester en liberté ou de ne pas être poursuivi plus tôt pour des infractions antérieures. Si les détails précis de la procédure n’ont pas été officiellement communiqués, l’indignation populaire est palpable.
Sidération des élus et des proches
Le maire de Fleurance était présent aux côtés de la famille, ainsi que les parents de la victime. La mère de Lyhanna a évoqué, en marge du cortège, le choc et l’impuissance ressentis face aux dysfonctionnements qu’elle estime avoir subis. « On a alerté, mais personne n’a écouté », a-t-elle laissé entendre, selon des témoins.
Le père de l’adolescente, visiblement marqué, a également participé à la marche. Des proches ont rapporté que la famille avait tenté à plusieurs reprises d’alerter les autorités sur le comportement de l’individu mis en cause, sans obtenir de réponse ou d’action concrète.
Un climat de défiance
Au-delà de l’émotion, c’est une véritable défiance envers l’institution judiciaire qui s’est exprimée dans les rues de Fleurance. Des banderoles et pancartes faites main réclamaient « justice pour Lyhanna » et dénonçaient l’inaction. Un participant résumait le sentiment général : « On a le sentiment que la justice ne protège pas les victimes, mais qu’elle protège les agresseurs. »
Les autorités judiciaires locales, contactées par les organisateurs, n’ont pas commenté sur le moment. Le parquet n’a pas communiqué d’éléments nouveaux sur l’état de l’enquête en cours. Le conducteur mis en cause, dont l’identité n’a pas été révélée, a été placé en garde à vue puis remis en liberté sous contrôle judiciaire, selon plusieurs sources concordantes.
Des questions sur le suivi
Des voix se sont élevées pour demander des comptes sur le parcours judiciaire du conducteur. Plusieurs habitants ont souligné qu’il était connu des services de police pour des faits antérieurs, et qu’il n’avait pas fait l’objet de mesures restrictives suffisantes. Un participant a confié : « On avait prévenu, mais ça n’a servi à rien. »
La question des moyens alloués à la justice et au suivi des délinquants dans les zones rurales a également été évoquée par les élus locaux, sans que ceux-ci ne s’aventurent dans des déclarations polémiques. Le maire a sobrement déclaré que la municipalité était « en deuil et en colère » et qu’elle attendait des réponses.
Un hommage qui restera
La marche blanche s’est achevée par un lâcher de ballons blancs, symbole de la jeunesse de Lyhanna et de l’innocence perdue. Les fleurs déposées devant la mairie et sur les lieux du drame ont formé une mer de témoignages silencieux. Mais pour les proches, l’hommage n’effacera pas les questions lancinantes : comment une telle tragédie aurait-elle pu être évitée ? Et pourquoi, selon eux, personne n’a agi à temps ?