Fox a officialisé le rachat de Roku, pionnier du streaming, pour un montant total de 22 milliards de dollars. L'opération, qui mêle paiement en liquidités et échange d'actions, doit permettre au groupe de renforcer sa présence dans le marché de la diffusion en continu, un secteur en pleine recomposition.

Selon les termes de l'accord, les actionnaires de Roku recevront une combinaison d'argent et de titres Fox. La transaction valorise la société Roku à environ 22 milliards de dollars, soit une prime significative par rapport à son cours de Bourse récent. Les deux conseils d'administration ont approuvé à l'unanimité l'opération, qui reste soumise aux feux verts réglementaires et à l'approbation des actionnaires.

Cette acquisition s'inscrit dans la stratégie de Fox de développer ses activités de streaming, déjà portées par Tubi, sa filiale de vidéo à la demande financée par la publicité. En intégrant Roku, Fox met la main sur une plateforme logicielle équipant des millions de téléviseurs connectés et de boîtiers, ainsi que sur un catalogue de chaînes gratuites et payantes. "Roku est un leader incontesté du streaming, et cette combinaison nous permettra d'offrir une expérience encore plus riche à nos utilisateurs", a déclaré le président-directeur général de Fox.

Une consolidation accélérée dans le streaming

L'annonce intervient dans un contexte de concentration rapide du marché du divertissement en ligne. Les grands groupes médias cherchent à gagner en taille critique pour faire face à la concurrence des géants technologiques comme Netflix, Amazon ou Apple. En rachetant Roku, Fox s'offre une porte d'entrée directe vers des dizaines de millions de foyers américains, tout en élargissant sa capacité à diffuser ses propres contenus – sports, informations, séries – via un canal distribué.

Pour Roku, fondé il y a près de vingt ans et qui a contribué à populariser le streaming grand public, ce rachat marque la fin de son indépendance. La société comptait plusieurs dizaines de millions de comptes actifs aux États-Unis et au Canada, et générait des revenus principalement via la publicité et les commissions sur les abonnements. Fox prévoit de conserver la marque et l'équipe dirigeante de Roku, tout en intégrant progressivement ses technologies à son propre écosystème.

Implications pour le marché

Les analystes financiers estiment que cette opération pourrait entraîner une nouvelle vague de fusions dans le secteur. Les régulateurs américains devront se prononcer sur l'impact concurrentiel de ce rapprochement, alors que Fox détient déjà des actifs majeurs dans le sport et l'information. Certains observateurs s'interrogent sur la concentration des données utilisateurs que cette acquisition implique, Roku collectant une quantité importante d'informations sur les habitudes de visionnage.

Fox a précisé que le financement de la partie en numéraire serait assuré par une combinaison de trésorerie disponible et de nouveaux emprunts. La transaction devrait être finalisée d'ici à la fin de l'année, sous réserve des conditions habituelles. Les détails financiers exacts de l'offre – prix par action et ratio d'échange – n'ont pas été divulgués dans l'immédiat.

Un virage stratégique confirmé

Ce rachat confirme la volonté de Fox de miser sur la distribution directe au consommateur, un modèle qui concurrence les câblo-opérateurs traditionnels. Le groupe, qui s'est séparé de nombreux actifs de divertissement lors de la vente à Disney en 2019, reconstruit aujourd'hui un portefeuille centré sur le streaming et le direct. Avec Roku et Tubi, Fox disposera désormais de deux piliers pour sa stratégie numérique, couvrant à la fois la gratuité publicitaire et les contenus premium.