Le groupe Fox a officialisé l'acquisition de Roku, la plateforme de streaming vidéo, pour une valorisation d'environ 22 milliards de dollars. Cette opération marque un tournant dans la stratégie du conglomérat médiatique, qui cherche à renforcer sa présence dans la diffusion de contenus en ligne.
Selon des sources proches du dossier, la transaction se fera en actions et en numéraire, bien que la structure précise du financement n’ait pas été détaillée dans les annonces. Les conseils d'administration des deux sociétés ont donné leur accord unanime, et l'opération devrait être finalisée d'ici la fin de l'année, sous réserve des approbations réglementaires.
Un rachat aux lourdes implications pour le marché du streaming
Fox, propriétaire de la chaîne Fox News, du réseau de diffusion Fox Broadcasting et de la filiale sportive Fox Sports, entend ainsi intégrer verticalement une plateforme de distribution. Roku, de son côté, compte plus de 80 millions de comptes actifs à travers le monde, ce qui en fait l'un des principaux agrégateurs de services de streaming. L'acquisition permettrait à Fox de contrôler directement l'accès à des millions de foyers, tout en proposant ses propres contenus.
« Cette acquisition nous permet de combiner notre leadership dans la création de contenus avec la technologie et la portée de Roku », a déclaré le dirigeant de Fox dans un communiqué officiel. Le président de Roku a pour sa part salué une opération qui « offre une opportunité unique d'accélérer notre vision du divertissement connecté ».
Les détails financiers et l'impact sur les actionnaires
L'offre valorise Roku à près de 22 milliards de dollars, soit une prime significative par rapport à son cours de clôture précédant l'annonce. Fox financerait l'opération en partie par une émission de nouvelles actions et par un recours à l'endettement. Les actionnaires de Roku recevront soit des titres Fox, soit une combinaison de liquidités et d'actions.
Les analystes financiers estiment que cette transaction pourrait remodeler le secteur du streaming, en rapprochant un grand studio de contenu d'un acteur technologique dominant de la distribution. Roku, qui tire l'essentiel de ses revenus de la publicité et des commissions sur les abonnements, devrait bénéficier des ressources publicitaires et des bibliothèques de programmes de Fox.
Un contexte de consolidation accélérée
L'opération s'inscrit dans un mouvement plus large de concentration dans l'industrie des médias et du divertissement. Fox avait déjà cédé une grande partie de ses actifs de divertissement à Disney en 2019, conservant essentiellement les activités d'information et de sport. Ce nouveau rachat témoigne d'une volonté de reconquérir une place de premier plan dans le paysage audiovisuel numérique.
Roku, fondé en 2002, a connu une croissance rapide ces dernières années, portée par l'explosion des services de streaming comme Netflix, Disney+ ou encore HBO Max. Cependant, la société faisait face à une concurrence accrue de la part de concurrents comme Amazon (Fire TV), Google (Chromecast) et Apple (Apple TV). L'alliance avec Fox pourrait lui donner un avantage concurrentiel.
Inquiétudes sur la neutralité de la plateforme
Certains observateurs s'interrogent sur les conséquences de ce rapprochement pour les autres diffuseurs présents sur la plateforme Roku. Fox pourrait être tenté de favoriser ses propres chaînes et services au détriment de concurrents. Les autorités de la concurrence examineront probablement ce point lors de leur examen de la fusion. Fox s'est engagé à maintenir un accès égal pour tous les partenaires de contenu, mais ces promesses devront être vérifiées dans la durée.
L'annonce a provoqué une hausse significative du titre Roku en Bourse, tandis que l'action de Fox reculait légèrement, les marchés digérant le coût de l'acquisition.
Le rapprochement entre Fox et Roku illustre la nouvelle donne du divertissement, où les frontières entre créateurs de contenus et distributeurs technologiques s'effacent de plus en plus.