Des frappes américaines en riposte

Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé, mardi 7 juillet 2026, le déclenchement d’une offensive contre l’Iran, qualifiée de « puissante ». Dans un communiqué, Centcom a justifié cette action par la nécessité « d’imposer un lourd tribut pour le ciblage et l’attaque de navires marchands transportant des civils innocents dans une voie navigable internationale ». L’armée américaine a précisé que ces frappes faisaient suite à des attaques iraniennes contre trois navires transitant par le détroit d’Ormuz.

Selon les autorités maritimes britanniques (UKMTO), les trois pétroliers ont été endommagés au cours d’une période de vingt-quatre heures s’étalant sur lundi et mardi. Aucune revendication officielle n’a été émise par Téhéran concernant ces tirs. Les explosions ont été signalées dans le sud de l’Iran, sans faire de victimes dans l’immédiat, selon les informations disponibles.

Des pétroliers qatari et saoudien visés

Le Qatar et l’Arabie saoudite ont fermement condamné les attaques, chacun affirmant qu’un navire battant son pavillon avait été touché. Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, a déclaré que le Qatar tenait l’Iran « pleinement responsable » de ce qu’il a qualifié d’attaque ciblée contre le navire Al-Rekayyat alors qu’il naviguait à proximité du détroit. Il a exigé que l’Iran « cesse immédiatement toute pratique qui compromet la sécurité régionale » et « s’abstienne de mettre en danger les approvisionnements énergétiques mondiaux et les ressources des pays de la région pour des intérêts étroits ».

De son côté, le ministère saoudien des Affaires étrangères a indiqué que l’Iran avait visé le pétrolier saoudien Wadyan lors de son passage dans le détroit. Ryad a estimé que ces agressions constituaient « une attaque contre la sécurité et la sûreté de la navigation internationale, ainsi que contre la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ».

La réaction de l’Iran

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, n’a pour l’instant commenté que les accusations qataries. Il a qualifié ces dernières de « contraires au principe de bon voisinage ». Dans un message publié sur Telegram, il a ajouté que les navires commerciaux empruntant des routes non coordonnées avec l’Iran, ou falsifiant leur système de localisation, s’exposent à un risque de collision et perturbent les efforts de Téhéran visant à « faciliter un transit sûr » dans le détroit.

Washington révoque une dérogation aux sanctions

Parallèlement aux frappes, les États-Unis ont annulé mardi une dérogation qui levait temporairement les sanctions pétrolières contre l’Iran. Cette licence, autorisant Téhéran à vendre du pétrole et des produits pétroliers, s’inscrivait dans le cadre d’un protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran le mois précédent. Un avis publié sur le site du Trésor américain précise qu’une période de transition est accordée jusqu’au 17 juillet pour les transactions déjà couvertes par cette dérogation.

Avant l’annonce officielle de Centcom, un responsable américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat, avait prévenu que l’Iran subirait des conséquences, jugeant les attaques « totalement inacceptables ». Il avait toutefois assuré que les négociateurs américains continueraient à travailler « de bonne foi » en vue d’un accord définitif avec l’Iran.