Les États-Unis ont mené, dans la nuit de mardi à mercredi, des frappes d'envergure contre l'Iran. Le Commandement central américain (Centcom) a déclaré avoir touché plus de 80 cibles sur le territoire iranien, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, des réseaux de commandement et de surveillance, des sites de radars côtiers, des capacités de missiles antinavires ainsi que plusieurs dizaines de petites embarcations appartenant au Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC).

Washington justifie cette offensive par les tirs menés, ces derniers jours, contre trois navires commerciaux transitant par le détroit d'Ormuz. Des attaques que les autorités américaines imputent à Téhéran, les qualifiant de violation du cessez-le-feu qui prévalait jusque-là. L'administration américaine a également indiqué avoir suspendu l'autorisation temporaire accordée à l'Iran pour la vente de son pétrole, une décision présentée comme un levier de pression supplémentaire.

Riposte immédiate de Téhéran

En réaction à ces bombardements, l'Iran a annoncé avoir lancé une opération conjointe de la Marine et de la Force aérospatiale des Gardiens de la Révolution. Selon un communiqué diffusé par la télévision publique Irib, 85 installations militaires américaines stratégiques ont été visées par des missiles et des drones. Le texte précise également qu'un drone américain de type MQ-9 a été abattu.

Des bases situées au Koweït et à Bahreïn ont été la cible de ces tirs. Au Koweït, l'armée a confirmé sur les réseaux sociaux que ses défenses aériennes étaient en train de repousser des attaques de missiles et de drones, sans en préciser l'origine. À Bahreïn, les sirènes d'alerte aérienne ont retenti, comme l'a indiqué le ministère de l'Intérieur, qui a appelé la population à gagner les abris. Aucun bilan humain ou matériel n'a été communiqué dans l'immédiat par les autorités locales.

Mobilisation diplomatique américaine

Parallèlement à cette escalade militaire, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, doit se rendre en Israël mercredi, selon des informations concordantes. Ce déplacement intervient alors que les États-Unis cherchent à consolider leurs alliances régionales face à la menace iranienne.

La Maison Blanche a par ailleurs invité le président libanais Joseph Aoun à une visite aux États-Unis le 21 juillet. Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de l'accord-cadre signé le mois dernier à Washington entre Israël et le Liban, destiné à mettre fin aux hostilités entre l'État hébreu et le Hezbollah.

Escalade aux conséquences régionales

Les frappes américaines et la riposte iranienne marquent une intensification brutale des tensions dans le golfe Persique. Le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le transport pétrolier mondial, était déjà au cœur de précédentes confrontations. Le choix de Washington de viser également des infrastructures navales et des embarcations rapides des Gardiens de la Révolution suggère une volonté de réduire la capacité de l'Iran à menacer le trafic maritime.

De son côté, Téhéran présente son action comme une réponse légitime à une agression. Les autorités iraniennes avaient prévenu, par le passé, qu'elles ne toléreraient pas d'atteintes à leur souveraineté. Cette nouvelle escalade risque de compromettre les fragiles pourparlers en cours sur le programme nucléaire iranien et de renforcer l'instabilité au Moyen-Orient.