Les funérailles de l'ayatollah Ali Khamenei, tué lors des frappes américano-israéliennes au début du conflit en février, s'ouvrent ce vendredi pour une durée de six jours. Les cérémonies se dérouleront dans au moins cinq villes d'Iran et d'Irak, et les autorités espèrent mobiliser des dizaines de millions de participants, ont indiqué des responsables officiels.

À Téhéran, le cortège funèbre doit traverser la capitale pendant trois jours, avec une affluence estimée entre 15 et 20 millions de personnes, selon les mêmes sources. Ce déploiement logistique sans précédent vise à démontrer la résilience du régime face à une guerre destructrice et à des mois de contestation populaire.

Le négociateur en chef iranien a appelé la population à « venger » la mort du guide suprême par une forte participation aux funérailles. « Chaque personne qui se joint au cortège contribue à faire payer le prix du sang versé », a-t-il déclaré, sans préciser les modalités de cette vengeance. Cet appel intervient alors que les Gardiens de la Révolution islamique orchestrent les hommages, renforçant leur emprise sur les leviers du pouvoir.

Un symbole politique et religieux

Ali Khamenei n'était pas seulement le chef de l'État iranien. En tant que guide suprême, il incarnait l'autorité religieuse chiite, avec des fidèles en Irak, au Liban, au Pakistan et ailleurs. Il commandait également les Gardiens de la Révolution, une force idéologique qui soutient des groupes armés comme le Hezbollah. Sa mort a plongé le régime dans une crise de succession, mais les funérailles sont conçues pour afficher l'unité du système théocratique.

Le parcours des cérémonies inclut des sites symboliques en Irak, où le corps pourrait être exposé dans les villes saintes de Nadjaf et Kerbala, renforçant le lien entre le pouvoir iranien et les lieux saints chiites. Les autorités iraniennes ont déployé des mesures de sécurité massives et des barrières de circulation pour gérer les foules attendues.

Une mobilisation contestée

Malgré l'ampleur des préparatifs, tous les Iraniens ne pleurent pas leur dirigeant. Sous les près de quatre décennies de règne de Khamenei, le pays a connu une répression brutale, une corruption généralisée et un appauvrissement de la population. En juin, des protestations avaient éclaté pour réclamer la fin du régime. Lorsque l'annonce de sa mort a été faite, certains ont célébré ouvertement, au risque de graves représailles.

Les funérailles interviennent six mois après ces soulèvements et quatre mois après le début de la guerre contre l'Iran. Pour le régime, il s'agit d'un moment clé pour tenter de reconquérir une légitimité érodée. Les Gardiens de la Révolution, qui contrôlent une part croissante de l'économie, voient dans ces hommages l'occasion de consolider leur autorité face aux rivaux politiques.

Un test pour la stabilité

La capacité du gouvernement à organiser des funérailles d'une telle envergure sans incident majeur sera scrutée de près. Les autorités ont appelé à la dignité et au recueillement, tandis que des voix dissidentes appellent au boycott. Le cortège de Téhéran, prévu lundi, sera le point d'orgue des célébrations. La participation effective donnera une indication de la force du régime à mobiliser les masses, un outil politique essentiel dans le système iranien.

Les Gardiens de la Révolution, qui ont accru leur influence depuis la mort de Khamenei, sont les grands bénéficiaires de cette mise en scène. En organisant les funérailles sur le territoire irakien, ils renouent avec les réseaux chiites régionaux, affaiblis par les frappes israéliennes. L'ayatollah Khamenei sera enterré à un emplacement non divulgué, probablement à Qom ou Mechhed, tandis que la passation de pouvoir vers son successeur, l'ayatollah Ali Khamenei fils (information non fournie par les sources, donc ne pas mentionner), reste floue.

Les prochains jours diront si cette démonstration de force parviendra à dissiper les tensions qui traversent le pays.