La droite amorce une nouvelle phase de ses manœuvres pré-électorales. Laurent Wauquiez, figure influente du parti Les Républicains, a adressé une critique cinglante à l’encontre de Bruno Retailleau, tout en ouvrant la voie à un rapprochement avec Édouard Philippe en vue de l’élection présidentielle de 2027.
Dans un entretien accordé au quotidien Le Figaro, Laurent Wauquiez a estimé que Bruno Retailleau, candidat déclaré à la présidentielle, manque d’« humilité ». Sans le nommer directement, l’ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a jugé nécessaire, pour gagner, de « savoir se retirer si c’est nécessaire ». Cette sortie intervient alors que Bruno Retailleau tente de s’imposer comme le champion de la droite dure, mais voit son leadership contesté au sein même de son camp.
Un appel au rassemblement derrière Édouard Philippe
Au-delà de la critique, Laurent Wauquiez a tendu la main à Édouard Philippe, l’ancien chef du gouvernement sous Emmanuel Macron, aujourd’hui président du parti Horizons. Il a estimé que la droite et le centre doivent « se rassembler » pour être en mesure de l’emporter en 2027. Cette main tendue marque une rupture stratégique : jusqu’alors, le député de la Haute-Loire s’était montré réservé vis-à-vis de l’ancien Premier ministre, avec lequel il entretient des relations complexes.
Cette initiative vise également à affaiblir Bruno Retailleau, qui a lancé sa campagne officielle le 20 juin 2026 lors d’un meeting au Parc floral de Paris. Ce dernier y a promis une « justice intraitable » et a reçu le soutien retentissant de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Mais en dépit de cette dynamique, plusieurs poids lourds de la droite, dont Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand, avaient décliné l’invitation à ce rassemblement, signalant les fractures internes.
Un contexte de recomposition à droite
Cette séquence intervient dans un climat de recomposition politique. Bruno Retailleau, actuel ministre de la Justice, s’est placé sur une ligne sécuritaire et souverainiste, mais suscite des résistances, notamment chez les élus locaux et les cadres historiques des Républicains. Parallèlement, la droite cherche une stratégie pour contrer à la fois le Rassemblement national et la majorité présidentielle, alors que les sondages placent Marine Le Pen en tête des intentions de vote pour le premier tour.
En tendant la main à Édouard Philippe, Laurent Wauquiez semble miser sur une alliance large allant du centre droit à la droite républicaine, au détriment d’une ligne plus radicale incarnée par Bruno Retailleau. Reste à savoir si cet appel sera entendu, et si une candidature unique pourra émerger d’ici à l’échéance de 2027.