La seconde journée de deuil national en hommage à l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien assassiné fin février, a rassemblé dimanche des dizaines de milliers de personnes à la grande mosquée Mosalla de Téhéran. Les participants, vêtus de noir et brandissant des portraits du défunt, ont scandé des appels à la vengeance à l'approche du chef des Gardiens de la Révolution islamique, Ahmad Vahidi.
Selon des images diffusées par la télévision d'État, M. Vahidi a fait une brève apparition publique en sortant du complexe religieux, aussitôt entouré par une foule en liesse qui criait « Vengeance, vengeance ». Des journalistes présents sur place ont rapporté que le chef des Gardiens a salué quelques personnes avant d'être rapidement pris en charge par son équipe de sécurité. Il s'agit de sa première apparition publique depuis l'annonce de la mort de l'ayatollah Khamenei, survenue lors du déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
L'absence de Mojtaba Khamenei interroge
Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, fils du défunt, n'a toujours pas été vu en public depuis son accession à la tête de l'État. Aucun membre de sa famille proche n'était présent aux cérémonies de dimanche, bien que ses frères aient été signalés parmi les participants. Cette absence nourrit les interrogations sur son état de santé et sur les équilibres politiques internes du régime, dans un contexte de tensions régionales accrues et d'incertitude sur la transition du pouvoir.
Des funérailles officielles ont débuté vendredi avec l'exposition du corps de l'ayatollah Khamenei à Téhéran. Les autorités iraniennes ont mis en place un cycle de cérémonies de six jours, qui doit se poursuivre en Irak. L'afflux de plusieurs millions de fidèles était attendu sur l'ensemble du parcours funéraire.
Un hommage massif pour conforter le régime
Dès l'aube, les fidèles ont commencé à affluer vers la Mosalla, si bien que la mosquée débordait de monde : hommes, femmes et enfants priaient côte à côte, sous une chaleur accablante. Beaucoup portaient des banderoles appelant à venger la mort du guide. La mobilisation populaire vise à démontrer la légitimité du système et à occulter les failles de la succession, alors que le pouvoir fait face à une vague de répression contre les dissidents et à des négociations délicates avec les États-Unis.
La guerre déclenchée fin février par les États-Unis et Israël contre l'Iran a profondément bouleversé le pays. La mort de l'ayatollah Khamenei, emblème vieillissant de la République islamique, a plongé le pouvoir dans une phase de transition encore inachevée.
Malgré l'absence du guide suprême, les autorités ont veillé à montrer une image d'unité et de détermination. La participation du chef des Gardiens de la Révolution aux prières funèbres, saluée par des cris de vengeance, confirme le rôle central joué par ce corps militaire dans la gestion de la crise et l'orientation future du pays.