Une saisine auprès du CIO
L'organisation FairSquare a déposé une plainte auprès de la Commission d'éthique du Comité international olympique (CIO) visant Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football association (FIFA). L'ONG estime que ce dernier a enfreint à plusieurs reprises les règles exigeant la neutralité politique des dirigeants sportifs, en raison de ses prises de position publiques en faveur de Donald Trump.
Les griefs de FairSquare
FairSquare, spécialisée dans la défense des droits humains, reproche à Gianni Infantino d'avoir affiché un soutien réitéré au président américain, ce qui contreviendrait aux principes d'impartialité et de non-ingérence politique auxquels sont tenues les instances sportives internationales. L'organisation pointe notamment des déclarations et des gestes publics jugés partisans, qui, selon elle, nuisent à l'intégrité du sport et à la confiance dans ses institutions.
Une procédure distincte
Cette saisine auprès du CIO intervient dans un contexte où plusieurs eurodéputés ont également interpellé la FIFA, demandant l'ouverture d'une enquête sur le « prix de la paix » attribué à Donald Trump. Les deux démarches traduisent une inquiétude croissante au sein de la société civile et du monde politique face à ce qui est perçu comme une politisation de la gouvernance sportive.
Les règles de neutralité politique
Le CIO, comme la FIFA, impose à ses dirigeants une stricte neutralité politique, afin de préserver l'autonomie du sport et d'éviter qu'il ne soit instrumentalisé. Les statuts de ces organisations interdisent toute discrimination et tout comportement pouvant être interprété comme une prise de position partisane. La plainte de FairSquare s'appuie sur ces dispositions, estimant que les agissements de Gianni Infantino les ont violées de manière répétée.
Les implications pour la FIFA
Si la Commission d'éthique du CIO donnait suite à cette saisine, cela pourrait avoir des répercussions sur la gouvernance de la FIFA et sur la position de son président. L'affaire survient alors que le football mondial est sous le feu des projecteurs à l'occasion de la Coupe du monde 2026, dont les matchs se déroulent actuellement. La polémique pourrait jeter une ombre sur l'événement et alimenter les débats sur le rôle des dirigeants sportifs dans l'arène politique.
Les précédents
Ce n'est pas la première fois qu'une organisation de défense des droits humains cible une figure du sport international pour des prises de position politiques. Des actions similaires ont été intentées par le passé devant des instances d'éthique sportive, mais rares sont celles qui ont abouti à des sanctions. L'issue de cette plainte dépendra de l'interprétation des règles par la Commission d'éthique du CIO.
Un contexte de tensions
La relation entre Donald Trump et Gianni Infantino est régulièrement pointée du doigt par les critiques, qui y voient une compromission de la FIFA avec un dirigeant politique controversé. Les deux hommes se sont rencontrés à plusieurs reprises et le président de la FIFA n'a pas caché son admiration pour le milliardaire américain. Cette proximité a suscité l'inquiétude des défenseurs des droits humains, qui craignent qu'elle n'affaiblisse les engagements de la FIFA en matière de lutte contre les discriminations et de promotion de l'éthique.
La position de FairSquare
FairSquare, qui a son siège en Suisse, mène des enquêtes et des campagnes sur les atteintes aux droits humains dans le monde. L'organisation a déjà ciblé d'autres grandes institutions sportives, dénonçant leur complaisance envers des régimes autoritaires ou des personnalités politiques. Dans le cas présent, elle estime que Gianni Infantino a outrepassé son rôle en se faisant le porte-voix d'un camp politique, ce qui heurte les principes fondateurs du mouvement olympique et sportif.