L'association de défense des droits humains FairSquare a fait savoir qu'elle allait saisir le Comité international olympique (CIO) d'une plainte visant Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football association (FIFA). L'organisation lui reproche une « violation répétée des règles de neutralité politique » en raison de son soutien public au président des États-Unis, Donald Trump.

FairSquare avait déjà déposé une requête auprès de la commission d'éthique de la FIFA en décembre 2025, citant plusieurs occasions où M. Infantino aurait « exprimé son soutien public aux actions et aux politiques » de M. Trump. La nouvelle plainte auprès du CIO constitue une escalade du différend, alors que les procédures internes à la FIFA sont déjà contestées par l'association.

Une enquête réclamée sur le « Prix de la paix »

Dans sa plainte initiale, FairSquare demandait à la commission d'éthique de la FIFA d'enquêter sur « le rôle de M. Infantino dans la décision d'instaurer un Prix de la paix de la FIFA, la décision de l'attribuer au président Trump, ainsi que la conformité de ces processus avec les règles procédurales de la FIFA ». Le trophée avait été remis à Donald Trump en décembre 2025 à Washington, lors du tirage au sort de la Coupe du monde 2026, par Gianni Infantino en personne.

L'association estime que ces actes contreviennent à l'article 15 du code d'éthique de la FIFA, qui impose un devoir de neutralité aux personnes soumises au code. Les infractions à cet article sont passibles d'une amende d'au moins 10 000 francs suisses (environ 12 400 dollars américains) et d'une suspension pouvant aller jusqu'à deux ans.

Un membre du CIO sous surveillance

Gianni Infantino est membre du Comité international olympique depuis 2020. La plainte déposée par FairSquare vise à faire constater par le CIO un manquement à cette obligation de neutralité, susceptible d'entraîner des sanctions à son encontre. L'organisation de défense des droits estime que le comportement du dirigeant du football mondial fragilise la crédibilité des instances sportives internationales.

Le « Prix de la paix de la FIFA » avait suscité de vives critiques dès son annonce, des observateurs y voyant une instrumentalisation politique du sport. La décision de FairSquare de porter l'affaire devant le CIO ajoute une pression supplémentaire sur Gianni Infantino, alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein aux États-Unis.