Le bracelet connecté Whoop, spécialisé dans le suivi de l'activité physique et du sommeil, est vendu avec un modèle économique particulier : l'appareil est livré avec l'abonnement et reste inutilisable sans ce dernier. En France, la formule annuelle la plus courante est facturée environ 264 euros. Ce système de location déguisée, où le produit ne vous appartient jamais vraiment, est aujourd'hui contesté par une initiative open source.

Un projet pré-alpha aux ambitions claires Un développeur a publié sur GitHub un projet baptisé Goose, qu'il présente lui-même comme une version pré-alpha « bricolée à la va-vite ». L'objectif est pourtant simple : récupérer les données mesurées par le bracelet Whoop – fréquence cardiaque, sommeil, récupération – sans passer par l'abonnement officiel. Concrètement, l'outil dialogue avec l'interface de programmation (API) destinée aux développeurs pour rapatrier les mesures, court-circuitant l'application maison.

L'auteur précise que Goose n'est en aucun cas un remplaçant de l'abonnement en l'état, tant ses fonctionnalités sont encore limitées et son développement embryonnaire. Il s'apparente davantage à un procédé de jailbreak, une brèche technique plutôt qu'un logiciel abouti. Il parvient néanmoins à accomplir l'essentiel, à savoir extraire et afficher les données brutes du bracelet.

Un modèle économique de plus en plus contesté Goose ne surgit pas dans un vide concurrentiel. Les bracelets et anneaux connectés haut de gamme, comme l'Oura Ring, imposent également un abonnement. Mais le verrou de Whoop commence à se fissurer sous plusieurs pressions. Google a récemment lancé le Fitbit Air, un concurrent direct qui ne repose pas sur un abonnement obligatoire : le suivi de base y est gratuit, les fonctionnalités avancées étant optionnelles.

Au-delà de la concurrence commerciale, c'est la question de la propriété des données qui est en jeu. Avec le modèle tout-abonnement de Whoop, les mesures de sommeil, d'effort et de fréquence cardiaque – tout ce que produit le bracelet – vivent derrière un péage. Le jour où l'utilisateur cesse de payer, il perd l'accès à ses propres données, y compris à son historique qui peut représenter des mois, voire des années de suivi. Goose propose une approche inverse : héberger les informations chez soi, laissant l'utilisateur maître du code comme des données.

Perspectives et réactions possibles Si Goose n'est aujourd'hui qu'un prototype, il révèle une demande latente chez les utilisateurs lassés par l'abonnement obligatoire. L'initiative pourrait faire bouger les choses, mais il est probable qu'elle ne plaise pas aux dirigeants de Whoop. La société pourrait chercher à verrouiller davantage son API ou à engager des poursuites, même si la nature open source du projet et son statut de pré-alpha rendent la menace juridique incertaine. En attendant, le projet est accessible librement sur GitHub, et les développeurs curieux peuvent déjà l'essayer.