Près de la moitié des cheminots ont participé à la grève nationale ce mercredi 10 juin à la SNCF, selon des chiffres diffusés par la direction. Ce mouvement social unitaire, le premier depuis la nomination de Jean Castex à la tête du groupe public, a été marqué par des perturbations importantes sur le réseau ferroviaire.
Les quatre syndicats représentatifs — CGT, Unsa, Sud-Rail et CFDT — avaient appelé à une journée de cessation du travail pour protester contre la situation du rail et exiger des garanties sur l’emploi, les conditions de travail et le financement de l’entreprise. La participation record, évaluée à environ la moitié des effectifs, témoigne d’un mécontentement profond dans la profession.
Un préavis reconductible en vue ?
Dès la fin de la journée, les organisations syndicales ont fait savoir qu’elles ne comptaient pas en rester là. « Ce ne sont pas les vacances d’été qui vont nous refroidir », a déclaré un responsable syndical, en allusion à la période estivale à venir. Les syndicats réclament une rencontre rapide avec le PDG pour discuter de leurs revendications, mais Jean Castex n’a prévu de les recevoir qu’à partir du 23 juin, ce que les grévistes jugent trop tardif.
Les syndicats souhaitent une réponse immédiate sur plusieurs dossiers, notamment la remise à plat des conditions de travail des conducteurs, la préservation de l’emploi dans les ateliers de maintenance et les moyens alloués au service public ferroviaire. Ils menacent de déposer un nouveau préavis de grève si les discussions n’avancent pas à leur rythme.
Un conflit inédit sous la nouvelle direction
L’ampleur de la mobilisation de ce 10 juin constitue un signal fort pour la direction de l’entreprise. Nommé en mai, Jean Castex doit faire face à son premier test social d’envergure. Si le gouvernement plaide pour une « modernisation » du rail et une maîtrise des coûts, les syndicats dénoncent une dégradation continue des conditions de travail et un manque de perspectives pour les salariés.
La journée de grève a entraîné des annulations et des retards sur de nombreuses lignes, tant en Île-de-France qu’en province. La direction de la SNCF n’a pas communiqué de bilan chiffré précis des perturbations, mais les usagers ont subi d’importantes difficultés pour se déplacer. Le trafic a été particulièrement réduit sur les lignes de TGV et Transilien.
Les syndicats durcissent le ton
Face à ce qu’ils présentent comme un « très bon taux de grévistes », les syndicats veulent capitaliser sur cette mobilisation pour obtenir des avancées concrètes. « L’urgence est là », affirment-ils, en référence à leur mot d’ordre unitaire lancé ces derniers jours. Ils entendent maintenir la pression sur la direction jusqu’à obtenir des réponses.
De son côté, la SNCF a indiqué que des discussions étaient en cours et que Jean Castex rencontrerait les organisations syndicales dans les semaines à venir. Mais les syndicats jugent ce calendrier insuffisant et pourraient amplifier le mouvement si aucun geste n’est fait. Une nouvelle journée de grève, voire un préavis reconductible, n’est pas exclue.
La suite du conflit dépendra de la capacité de la direction à trouver une issue négociée. Les syndicats, unis pour la première fois depuis l’arrivée de Jean Castex, entendent bien peser sur les décisions à venir et rappeler que le rail reste un secteur où la mobilisation sociale peut paralyser le pays.