L'intersyndicale de la SNCF, constituée de la CGT Cheminots, de l'Unsa Ferroviaire, de SUD-Rail et de la CFDT Cheminots, a déposé un préavis de grève pour le mercredi 10 juin. Ce mouvement constitue le premier bras de fer social d'ampleur depuis l'arrivée de Jean Castex à la présidence du groupe ferroviaire, en janvier 2026.
Les organisations syndicales justifient leur appel par le refus de la direction d'ouvrir des négociations salariales anticipées, au-delà de la date butoir fixée par l'accord de méthode. Elles réclament une hausse générale des rémunérations pour l'ensemble des personnels, ainsi qu'un moratoire sur les réorganisations internes en cours, notamment dans les gares et les activités de maintenance.
Des prévisions de trafic attendues
Les syndicats pointent également le projet de révision de la grille des classifications, qu'ils jugent déséquilibré au détriment des agents les moins qualifiés. De son côté, la SNCF a indiqué que les prévisions de trafic pour la journée du 10 juin seront communiquées le mardi 9 juin dans l'après-midi.
Ce mouvement unitaire intervient dans un contexte social tendu au sein de l'entreprise, où des débrayages locaux ont eu lieu ces dernières semaines dans plusieurs régions. La dernière grève interprofessionnelle d'ampleur dans le secteur ferroviaire remonte à l'automne 2025, lors de la mobilisation contre la réforme des retraites.
Les syndicats haussent le ton
La direction du groupe, dirigée par Jean Castex, ancien Premier ministre, a multiplié les annonces de restructuration depuis le début de l'année, avec la création de filiales spécialisées et l'ouverture de nouvelles lignes à la concurrence. Les syndicats estiment que ces évolutions se font sans garanties suffisantes pour l'emploi et les conditions de travail.
La CGT Cheminots, premier syndicat du groupe, a souligné que le maintien du pouvoir d'achat des cheminots est une ligne rouge, dans un contexte d'inflation persistante. L'Unsa Ferroviaire et la CFDT Cheminots, traditionnellement plus modérées, ont choisi de s'associer à cet appel unitaire, signe d'un mécontentement partagé au-delà des clivages syndicaux.
Un test pour la nouvelle gouvernance
Cette journée de grève représente un test pour la gouvernance de Jean Castex, qui a fait de la « paix sociale » et du dialogue un axe de sa communication depuis sa nomination. Les syndicats attendent désormais une réponse concrète de la direction, sous peine de reconduire le mouvement.
Les voyageurs sont invités à consulter les informations de trafic à partir du mardi soir pour connaître l'état de la circulation des trains. Les perturbations devraient concerner aussi bien les TGV que les trains régionaux et les TER, selon les syndicats.
Réactions politiques
Plusieurs élus locaux ont exprimé leur inquiétude quant à l'impact de cette grève sur les usagers, en particulier en région parisienne où le RER est fortement dépendant de la SNCF. Le ministre des Transports, interrogé sur le sujet, a appelé les deux parties à privilégier le dialogue pour éviter une paralysie du réseau.