Un front syndical inédit se prépare à la SNCF. Quatre organisations représentatives des cheminots – la CGT, l’Unsa, la CFDT et SUD-Rail – ont lancé un appel à la grève pour la journée du mercredi 10 juin 2026. Il s’agit du premier mouvement social unitaire depuis la prise de fonctions de Jean Castex à la présidence de l’entreprise ferroviaire publique.

Les syndicats justifient cette action par des revendications portant à la fois sur les rémunérations et sur l’évolution des conditions de travail. Ils dénoncent une dégradation de la situation des personnels, alors que le groupe poursuit sa transformation dans un contexte de concurrence accrue.

La direction réfute les accusations de « dumping social »

Face à cette mobilisation, les responsables de la SNCF ont rejeté tout risque de « dumping social » sur les salaires ou les protections collectives. Selon la direction, l’entreprise ne saurait aujourd'hui fonctionner « de manière monolithique comme à l’époque du monopole », faisant valoir que l’ouverture à la concurrence impose des adaptations nécessaires.

Pour les représentants des salariés, ces évoluctions se traduisent concrètement par une précarisation des statuts et des rémunérations moins avantageuses pour les nouvelles recrues, notamment dans les filiales récemment créées. La grève du 10 juin intervient en réaction directe à cette politique.

Un test social pour la nouvelle gouvernance

Arrivé à la tête de la SNCF en novembre 2025, Jean Castex n’avait pas encore été confronté à un mouvement social d’ampleur dans l’entreprise. Ce débrayage unitaire constituera le premier rapport de forces avec les syndicats depuis son installation.

Les organisations syndicales entendent par cette action démontrer leur capacité à s’unir sur des revendications communes, alors que l’entreprise ferroviaire est engagée dans une profonde restructuration de ses activités et de ses conditions d’emploi.

Un préavis déposé, des perturbations attendues

Le préavis de grève a été déposé pour la journée complète du mercredi 10 juin. Les voyageurs doivent s’attendre à des perturbations significatives sur l’ensemble du réseau, bien que la direction n’ait pas encore communiqué de prévisions précises de trafic. Les quatre syndicats signataires représentent une large majorité du personnel, ce qui devrait permettre une mobilisation suivie.

La CGT, l’Unsa, la CFDT et SUD-Rail appellent les cheminots à cesser le travail massivement pour « faire entendre leurs exigences » sur les salaires et le maintien des garanties sociales.

Contexte d’ouverture à la concurrence

La SNCF évolue depuis plusieurs années dans un cadre réglementaire qui l’oblige à ouvrir progressivement ses lignes à des opérateurs privés. Cette concurrence, déjà effective sur les grandes lignes à grande vitesse, s’étend désormais aux TER et aux liaisons internationales. Les syndicats estiment que cette situation conduit à une course au moins-disant social, que la direction conteste fermement.

Le 10 juin sera donc un rendez-vous décisif pour mesurer le rapport de forces entre une direction qui assume une modernisation contrainte et des syndicats qui entendent préserver les acquis historiques du statut de cheminot.