Le musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon est confronté à une multiplication inquiétante de gestes néonazis. Depuis le début de l'année, dix saluts nazis y ont été commis par des visiteurs, un chiffre qui a doublé par rapport à l'ensemble de l'année 2025, où cinq incidents avaient été enregistrés. Face à cette recrudescence, la ville a déjà déposé neuf plaintes, contre deux seulement l'année précédente.

Les faits, systématiquement filmés par les caméras de vidéosurveillance, se déroulent toujours de la même manière : le visiteur s'arrête devant un grand drapeau nazi exposé dans une salle spécifique du musée et effectue le salut. Christine Werthe, adjointe au maire (LR) chargée du patrimoine touristique et de la Citadelle, a souligné qu'il ne s'agit « ni de provocations anodines, ni de blagues », mais d'actes « graves, contraires à la loi et au pacte démocratique ». Elle a annoncé que la municipalité portera désormais plainte systématiquement, que les auteurs soient majeurs ou mineurs, avec une politique de « tolérance zéro ».

Des motivations variées, mais pas d'idéologie radicale

Les auteurs interpellés sont de profils divers : quatre mineurs venus en visite scolaire, un père de famille, et plusieurs jeunes hommes. Selon Isabelle Rollet, vice-procureure de la République, aucun ne présente un profil radicalisé ou une proximité avérée avec l'idéologie néonazie. Lors de leurs auditions, ils ont justifié leur geste par une volonté de « faire rire », sans mesurer la portée de leur acte ni ses conséquences juridiques. Certains auraient même fondu en larmes en prenant conscience de la gravité des faits.

La piste d'un défi lancé sur le réseau social TikTok, évoquée par Christine Werthe, n'a pas été confirmée par l'enquête. La magistrate a indiqué qu'« aucun mis en cause n'a mentionné cette hypothèse ».

Des suites judiciaires déjà engagées

Sur les neuf plaintes déposées, deux dossiers ont déjà connu un aboutissement. L'un des auteurs, qui a reconnu les faits et présenté ses excuses, a été condamné à effectuer un stage de citoyenneté. Un autre a bénéficié d'un classement sans suite en raison d'un « état mental déficient ». Les autres procédures sont en cours.

L'élue municipale a rappelé que ces incidents avaient été évoqués lors du dernier conseil municipal, où tous les groupes politiques ont condamné ces comportements. La municipalité entend renforcer la vigilance et la prévention au sein du musée, lieu de mémoire de la Seconde Guerre mondiale et de la déportation.