Les Assises de l’enseignement supérieur, qui se sont tenues ces dernières semaines, ont remis sur la table des mesures longtemps considérées comme sensibles. Parmi elles figurent une hausse significative des frais d’inscription à l’université, la généralisation des prêts étudiants et une augmentation des tarifs des logements universitaires. Ces propositions, rendues publiques mi-juin, ont immédiatement déclenché une vague de protestations.
Selon plusieurs observateurs, les montants évoqués pour les droits d’inscription oscilleraient entre 800 et 1 500 euros par an pour l’ensemble des étudiants, soit une multiplication par dix ou plus par rapport au système actuel où les frais sont plafonnés à environ 170 euros pour une licence. Les syndicats étudiants, à l’image de l’UNEF, dénoncent des mesures « indécentes » qui risqueraient de fermer l’accès à l’université aux jeunes issus de milieux modestes et de creuser les inégalités sociales.
La position du ministre
Interrogé sur ces recommandations, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a estimé que le débat sur le financement des universités ne devait pas être éludé. Il a notamment déclaré que la hausse des frais d’inscription ne devait pas constituer un « tabou », tout en précisant qu’une telle mesure ne pourrait être mise en œuvre qu’à long terme et à condition de préserver les étudiants les plus défavorisés. Il a plaidé pour un système progressif, lié aux revenus des familles, afin d’éviter toute exclusion sociale. Le ministre n’a toutefois pas donné de calendrier précis ni validé formellement les propositions des Assises.
Prêts étudiants et logement
Outre la question des frais d’inscription, les Assises préconisent également un recours accru aux prêts étudiants, afin de permettre aux jeunes de financer leurs études et leur vie quotidienne. Cette idée, déjà expérimentée dans d’autres pays, est souvent critiquée en France car elle pourrait conduire à un endettement important des diplômés. Par ailleurs, une hausse des loyers dans les résidences universitaires est également suggérée, ce qui ajouterait une pression supplémentaire sur le budget des étudiants déjà confrontés à l’inflation.
Des réactions vives
Les organisations étudiantes ne sont pas les seules à s’insurger. Plusieurs syndicats d’enseignants-chercheurs et collectifs de défense du service public d’éducation supérieure jugent ces orientations contraires au principe d’égalité des chances. Ils estiment que l’université française, déjà fragilisée par des années de restrictions budgétaires, ne peut accepter un modèle qui risquerait de la transformer en un système à plusieurs vitesses. Des appels à la mobilisation ont d’ores et déjà été lancés pour la rentrée universitaire.
Quelles suites ?
Pour l’heure, le gouvernement n’a pas officiellement repris à son compte les propositions des Assises. Le ministre Philippe Baptiste a indiqué qu’une concertation serait menée avec l’ensemble des acteurs avant toute éventuelle décision. Le débat s’annonce vif, tant les enjeux financiers et sociaux sont importants. Dans un contexte où le budget de l’enseignement supérieur est contraint, la recherche de nouvelles sources de financement semble inévitable, mais les modalités retenues pourraient déterminer l’avenir du modèle universitaire français.