Placée en redressement judiciaire fin 2025, la marque IKKS tente aujourd'hui de rebondir grâce à l'injection de 17 millions d'euros par ses deux nouveaux propriétaires, Michaël Benabou et Santiago Cucci. Ce mercredi 17 juin, les repreneurs ont détaillé leur stratégie pour remettre l'entreprise sur les rails, après avoir déjà rouvert des magasins et réembauché une partie des effectifs.
Un sauvetage en demi-teinte
Le rachat des 221 points de vente a permis de préserver 546 postes en France, soit environ la moitié des salariés que comptait le groupe avant la procédure collective. Les deux entrepreneurs ont mobilisé 12 millions d'euros pour éponger les dettes et 5 millions en apports personnels. « On table sur un chiffre d'affaires de plus de 120 millions d'euros en 2026, et une croissance à deux chiffres pour 2027 », a annoncé Santiago Cucci.
Un vaste chantier industriel et commercial
Pour atteindre cet objectif, l'équipe dirigeante a entrepris de revoir entièrement la chaîne d'approvisionnement. Fournisseurs, prestataires informatiques et logistique ont été changés, le dirigeant qualifiant la situation antérieure de « désastre ». La production demeure répartie entre l'Europe (un tiers), l'Asie (un tiers) et le Maghreb (le reste). Toutefois, la volonté est d'accroître la part européenne, en incluant la Turquie, afin de réduire les fragilités liées aux tensions géopolitiques.
Autre levier actionné : la politique tarifaire. Les promotions étaient proposées près de 270 jours par an, une pratique que les repreneurs entendent réduire drastiquement. Les prix de vente seront ajustés pour mieux refléter la valeur perçue, sans pour autant déplacer le positionnement haut de gamme. Une veste en cuir, produit phare de la marque, reste ainsi facturée autour de 500 euros, et un tee-shirt basique à 45 euros. Le panier moyen actuel s'élève à 150 euros.
Cibler une clientèle plus jeune
La clientèle d'IKKS est aujourd'hui majoritairement quinquagénaire. La direction souhaite désormais conquérir les 35-40 ans, une tranche d'âge jugée plus dynamique et en phase avec l'image rock de l'enseigne. Aucune modification de l'identité de marque n'est prévue.
L'international comme moteur de croissance
Avec 97 % du chiffre d'affaires réalisé en France, IKKS souffre d'une forte dépendance au marché domestique. Pour y remédier, les dirigeants ont récupéré la filiale espagnole, qui compte neuf magasins et dix-sept corners. L'ambition est de pénétrer un à deux nouveaux pays chaque année, en procédant graduellement.