Mercredi soir, la statue de la Liberté, érigée à l’entrée du port de New York, s’est parée d’une illumination tricolore inédite en près d’un siècle et demi d’existence. Ce spectacle, orchestré par des artistes français, visait à célébrer les 250 ans de l’indépendance américaine et à rappeler les liens historiques unissant la France et les États-Unis.

Le projet, conçu et réalisé en moins de quatre mois, a été porté par la petite agence française Monumental, déjà connue pour ses performances sur la cathédrale Notre-Dame et la tour Eiffel. La production a été assurée par l’agence Auditoire, filiale du groupe américain Omnicom, qui avait travaillé sur les cérémonies des Jeux olympiques de Paris. L’ensemble a été entièrement financé par des sponsors privés — parmi lesquels L’Oréal, JPMorgan et Estée Lauder — sans qu’aucune dépense ne soit imputée aux budgets des deux gouvernements. Le consul de France à New York, Cédrik Fouriscot, a facilité la mise en œuvre du projet.

Un survol de la Patrouille de France et un hommage des autorités

Avant la partie musicale, confiée au disc-jockey Michaël Canitrot, la Patrouille de France a survolé Liberty Island, laissant dans son sillage un long ruban aux couleurs nationales. Cette escale new-yorkaise s’inscrit dans la tournée estivale « Mission Liberté 250 » qui a déjà conduit les avions français au-dessus du Washington Monument, d’Independence Hall à Philadelphie et du Yorktown Battlefield Memorial en Virginie.

« Je tiens à souligner la qualité de l’accueil qui nous a été réservé, que nous avons pu constater sur le terrain et sur les réseaux sociaux, ainsi que le soutien de l’armée de l’air américaine », a déclaré le général de brigade aérienne Pierre Gaudillière, responsable de la mission Liberté 250.

La cérémonie a rassemblé environ deux cents invités sur l’île, ainsi que de nombreux spectateurs postés depuis les rives du New Jersey et de Manhattan. Le spectacle devait être diffusé en première partie de soirée sur la chaîne ABC le 3 juillet.

Discours et remerciements

Plusieurs personnalités ont pris la parole pour évoquer le rôle fondateur de la France dans l’indépendance américaine. La nouvelle gouverneure démocrate du New Jersey, Mikie Sherrill, a souligné que ce sont parfois « les amis qui vous voient et savent vous décrire sous votre meilleur jour », ajoutant que la statue, offerte par la France, incarne « l’égalité des chances et le refuge des persécutés ».

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a estimé que la statue « nous appelle à nouveau, comme l’a exprimé le président Trump, à œuvrer pour reconquérir notre souveraineté, rétablir notre prospérité et renforcer notre liberté ». Il a formulé le souhait que « la liberté unisse nos convictions aussi étroitement qu’elle a scellé nos origines ».

Jamie Dimon, président de la banque JPMorgan, a rappelé que « sans les efforts de la France durant la guerre d’indépendance, l’issue aurait pu être bien différente », ajoutant qu’il ne faut « jamais oublier que nous avons bénéficié du soutien crucial d’un allié majeur, la grande nation française ».

Un anniversaire qui renvoie aux origines de l’alliance

Cette commémoration s’inscrit dans le prolongement des liens tissés au XVIIIe siècle, lorsque le ministre des Affaires étrangères de Louis XVI, le comte de Vergennes, finança la guerre d’indépendance et que le marquis de La Fayette et le comte de Rochambeau rejoignirent les insurgés américains. La statue de la Liberté, offerte par la France en signe d’amitié, avait été inaugurée en 1886.

Le spectacle new-yorkais a ainsi constitué le temps fort des célébrations françaises aux États-Unis pour ce 250e anniversaire, mêlant histoire, symbole et diplomatie autour d’une mise en lumière partagée.