Un violent feu de forêt, parti mercredi après-midi du nord de l'Hérault, a rapidement gagné le département voisin de l'Aude, portant la surface brûlée à au moins 900 hectares en début de soirée. Les pompiers, mobilisés en nombre, sont parvenus à stopper l'avancée du front de flammes, mais le sinistre n'était pas encore maîtrisé à 20h30, selon les préfectures concernées.

Un brasier sous l'effet du vent et de la sécheresse

Le sinistre s'est déclaré vers 16h30 dans le secteur d'Oupia, une commune de l'Hérault située à une trentaine de kilomètres au nord de Narbonne. Poussé par de fortes rafales de tramontane et attisé par la sécheresse de la végétation — principalement des pinèdes rendues très inflammables par les températures estivales — le feu s'est propagé avec une rapidité exceptionnelle vers le nord-est de l'Aude. Les conditions météorologiques défavorables, avec un thermomètre avoisinant les 30 °C et un vent soutenu, ont compliqué l'intervention des secours.

Selon les services d'incendie et de secours de l'Aude, à 20 heures, le feu avait déjà parcouru 900 hectares, dont environ 700 dans ce seul département. Peu après, la préfecture de l'Aude a indiqué que « la situation est malgré tout stabilisée et le feu ne progresse plus », tout en précisant qu'il n'est « pas fixé ». Plusieurs villages, dont Pouzols-Minervois et Mailhac, ont été menacés par les flammes, et des habitants ont dû être évacués par précaution.

Des renforts massifs et un dispositif de crise

Face à l'ampleur du sinistre, plusieurs centaines de sapeurs-pompiers ont été déployés sur le terrain, appuyés par des moyens aériens. L'incendie survient alors que Météo-France avait placé six départements, dont l'Aude, en alerte « danger très élevé » pour les feux de forêt ce mercredi, en raison de la sécheresse des sols et des perspectives de canicule.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit se rendre à Marseille ce jeudi pour présider une nouvelle cellule interministérielle de crise consacrée à la canicule, aux incendies et aux mesures d'adaptation nécessaires. Ce déplacement, déjà programmé avant le déclenchement du feu, intervient dans un contexte de multiplication des feux précoces dans le sud de la France, un an après le gigantesque incendie du massif des Corbières.

Les opérations se poursuivent

En milieu de soirée, les secours restaient mobilisés pour consolider les dispositifs de lutte et surveiller les reprises éventuelles. Les autorités ont appelé les automobilistes à éviter le secteur pour ne pas gêner les interventions et demandé à la population de ne pas surcharger les lignes d'urgence. Le bilan humain et matériel n'était pas connu dans l'immédiat, mais aucune victime n'avait été signalée en fin de journée.

Cet incendie rappelle la vulnérabilité des massifs méditerranéens face aux conditions climatiques extrêmes. Alors que l'été n'a pas encore atteint son pic de chaleur, la rapidité avec laquelle le feu a progressé a mis en évidence le risque permanent d'embrasement dans ces zones où la sécheresse et le vent créent un terreau favorable aux sinistres.