Une réforme historique en préparation
La Commission de réglementation nucléaire (NRC) a dévoilé le 1er juillet 2026 une proposition de révision en profondeur de ses règles en matière d’exposition aux rayonnements ionisants. L’objectif affiché est de faciliter la construction et l’exploitation de centrales nucléaires sur le territoire américain, tout en répondant aux injonctions de l’administration Trump qui appelle à une modernisation du cadre réglementaire.
Le texte, présenté officiellement mercredi, prévoit notamment l’abandon du principe dit ALARA (« as low as reasonably achievable »), qui imposait aux exploitants de réduire l’exposition des travailleurs et du public « au niveau le plus bas qu’il est raisonnablement possible d’atteindre ». Ce dogme, appliqué depuis des décennies, permettait aux autorités d’exiger des installations qu’elles mettent en place des équipements supplémentaires afin de faire chuter les doses bien en deçà des plafonds légaux.
Un bouleversement de la philosophie de sûreté
La NRC entend conserver les limites maximales annuelles d’exposition pour les employés et la population. En revanche, elle juge que la règle ALARA entraîne des dépenses supplémentaires « sans bénéfice mesurable en matière de sécurité ». L’agence estime que les plafonds actuels sont déjà fixés « bien en dessous des seuils associés à des effets sanitaires connus ».
Cette évolution pourrait réduire sensiblement les coûts de fonctionnement des réacteurs en activité et alléger les cahiers des charges imposés aux futurs chantiers. Dans certains cas, les opérateurs devaient installer des filtres ou des systèmes de ventilation supplémentaires pour satisfaire à l’exigence ALARA, même lorsque les doses se situaient déjà très loin des limites réglementaires.
Simplification des procédures d’autorisation
Parallèlement, la NRC a présenté un ensemble plus large de modifications destinées à simplifier le choix des sites et l’obtention des licences pour les nouveaux réacteurs. Ce volet vise à réduire les délais et l’incertitude juridique qui freinent actuellement les projets.
Ho Nieh, président de la commission, a souligné que « les réglementations de la NRC n’ont pas suivi le rythme des nouvelles technologies et de nos besoins énergétiques ». Selon lui, les réformes proposées permettraient de « supprimer les cadres rigides et le conservatisme excessif afin d’accélérer le déploiement sûr de nouveaux réacteurs et d’étendre la capacité existante à travers l’Amérique ».
Un tournant pour l’industrie nucléaire
Les réformes annoncées interviennent dans un contexte de regain d’intérêt pour l’énergie atomique aux États-Unis. L’administration Trump a fait de l’expansion du parc nucléaire l’une de ses priorités énergétiques, invoquant à la fois la sécurité d’approvisionnement et la lutte contre le changement climatique.
Les partisans de la déréglementation estiment que ces changements permettront de réduire les coûts de construction – qui ont explosé ces dernières années – et de favoriser l’émergence de petits réacteurs modulaires (SMR). Les critiques, en revanche, redoutent un affaiblissement des protections sanitaires et environnementales. Le débat public devrait être ouvert dans les prochains mois avant une éventuelle adoption définitive.
Prochaines étapes
La proposition est désormais soumise à une période de consultation. Si elle est adoptée, il s’agirait de la modification la plus importante du cadre réglementaire nucléaire américain depuis la création de la NRC dans les années 1970. L’issue de ce processus sera scrutée de près par l’ensemble de la filière, qui espère une relance significative de son activité.